Comité de Soutien à la Révolution en Inde


Trois tués et neuf blessés dans une explosion dans l’Uttar Pradesh, en Inde by CSR Inde

NEW DELHI, 26 février — Au moins trois employés ont été tués et neuf autres blessés vendredi dans l’explosion d’une carrière de pierre dans l’Etat de l’Uttar Pradesh, au nord de l’Inde, ont indiqué des officiels.

L’explosion a eu lieu dans la carrière de Billi, dans le district de Sonbhadra, à environ 366 km au sud de la ville de Lucknow, la capitale de l’Uttar Pradesh.

« Une explosion s’est produite aujourd’hui dans une carrière de pierre, avec pour conséquence la mort de trois employés, neuf autres ayant été blessés », a indiqué un responsable du district. (Un autre article fait état de 9 morts dont les corps ont été déchiquetés et des morceaux projetés loin. Il rapporte aussi que le stockage d’explosifs sur ce site était illégal… )

La radio officielle indienne All India Radio (AIR) a cité le surintendant de la police de Sonbhadra, R. L. Varma, expliquant que parmi les neuf blessés, l’état de quatre d’entre eux était critique.

Les responsables de la police ont précisé que l’explosion s’était produite alors que plus d’une dizaine d’employés travaillaient dans la carrière de pierre de Billi.

Les organisations syndicales ont expliqué que les employés des carrières de pierres en Inde ne respectaient pas toujours les mesures de sécurité.

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Le recyclage des déchets électroniques en Inde by CSR Inde

A Mumbai, la collecte des « e-déchets » échappe largement aux autorités. La plupart des téléphones ou ordinateurs atterrissent à Dharavi, immense bidonville de l’agglomération.

(De Dharavi, Mumbai) Mohammed a des mains en béton et sa sueur pour seconde peau. Dans une des petites bâtisses étouffantes de Dharavi, l’un des plus grands bidonvilles d’Asie, il récupère un jouet électronique et un téléphone.

Il les désosse chacun leur tour. Le plastique dans un bac, le circuit imprimé dans un autre. Quinze secondes maximum pour le téléphone :

« J’ai l’habitude. Je fais ça minimum dix heures par jour. »

Mohammed à Dharavi, Bombay, Inde

Mohammed à Dharavi, Bombay, Inde

Les circuits imprimés et les autres composants électroniques sont revendus à Iqbal ou Pawan (prénoms d’emprunt), à quelques ruelles de là. Deux gars qui recyclent ce type de déchets pour 150 à 300 roupies par jour (2 à 4 euros). Pawan, 37 ans, constate :

« Avant, on avait essentiellement des frigos ou des machines à laver. Mais depuis plusieurs années, on récupère beaucoup plus d’ordinateurs, d’imprimantes, de téléphones, c’est bien plus varié. »

Une imprimante à recycler, Bombay, Inde

Une imprimante à recycler, Bombay, Inde

La révolution numérique est passée par là. L’Inde génère 1,5 million de tonnes de déchets électroniques en 2015, dix fois plus qu’il y a dix ans. La croissance actuelle du volume de déchets est désormais estimée à 25%. Entre 10% et 20% viennent illégalement des pays occidentaux, selon les spécialistes interrogés.

Mumbai est la mégalopole du pays qui en produit le plus : 96 000 tonnes en 2014. Selon Priya Ubale, activiste spécialiste du sujet des déchets, « seulement 10% sont recyclés par la voie agréée ». L’immense majorité atterrit à Dharavi, bidonville rassemblant près d’1 million d’habitants sur 227 hectares.

Iqbal trouve que « les conditions ne sont pas faciles, mais il y a pire ». On retrouve ici un ensemble de communautés venues chercher une vie meilleure, dans une ville qui fait rêver des millions d’Indiens.

Nocif pour l’homme et la nature

C’est le cas des parents d’Iqbal, arrivés d’une ville d’Uttar Pradesh (Nord) il y a 35 ans. Devant un bac de circuits imprimés, il raconte :

« Mon père a travaillé dans le recyclage du plastique. Moi, un ami m’a fait rentrer dans celui des déchets électroniques.

On obtient ces télés, imprimantes et autres grâce aux chiffonniers et aux “kabadiwala” [revendeurs de seconde main, ndlr].

Ensuite, on récupère ce que l’on peut et on revend. »

Un téléphone à recycler, Bombay, Inde

Un téléphone à recycler, Bombay, Inde

Soit, des morceaux d’appareils comme des tubes cathodiques, ou bien des matériaux comme de l’or, du cuivre ou de l’aluminium. Le tout obtenu grâce à des techniques nocives pour l’environnement et pour les travailleurs :

  • manipulations sans protection ;
  • circuits imprimés brûlés ;
  • parfois, des bains d’acide.

Des cicatrices sur les avant-bras

« Le problème, c’est qu’ils ne savent pas qu’ils gèrent des matières dangereuses », souligne Aneri Taskar, doctorante et spécialiste de l’« e-waste » (les déchets électroniques).

Les déchets peuvent contenir du mercure, du plomb ou de l’arsenic. Les fumées inhalées peuvent provoquer de nombreux problèmes de santé, comme des lésions cérébrales. Une étude a révélé que 76% des travailleurs indiens traitant les déchets électroniques ont des difficultés respiratoires.

Pawan et Iqbal ne veulent pas dire grand-chose à ce sujet. Iqbal a des cicatrices sur les avant-bras mais, dit-il, « j’aurais encore plus chaud si je mettais des gants ».

Réformer le circuit officiel

Face à la masse de déchets électroniques et son augmentation exponentielle, le gouvernement indien avait déjà légiféré en 2011 [PDF], afin de renforcer le secteur conventionnel. « Mais cela n’allait pas assez loin », estime Priti Mahesh, coordinatrice pour l’ONG Toxics Link :

« Tous les intervenants dans la chaîne du recyclage n’étaient pas concernés, il y avait donc des soucis. »

Un circuit officiel embryonnaire

Dans le Maharashtra, Etat de 112 millions d’habitants, d’une superficie proche de celle de la moitié de la France, il existe seulement cinq centres de recyclage de déchets électroniques, 22 « démanteleurs » et 34 centres de collecte. La plupart à Mumbai ou dans sa proche banlieue.

En avril dernier, le ministère de l’Environnement a rendu publique une première version d’une nouvelle loi, amenée à être amendée. Au programme, entre autres :

  • le renforcement de la responsabilité élargie du producteur (via par exemple un dépôt de garantie lors de l’achat d’un appareil, remboursé seulement si le consommateur recycle son bien de la manière édictée par le producteur) ;
  • la possibilité pour des entreprises de mettre en place des points de collecte communs ;
  • ou encore des facilités administratives pour entrer dans le secteur formel.

« Ils sont plus compétitifs »

Suffisant pour améliorer le recyclage légal de déchets électroniques ? Pas sûr : les kabadiwala et les chiffonniers quadrillent extrêmement bien le terrain, depuis des siècles. Ils ont créé des habitudes auprès des habitants et des entreprises.

Amiya Kumar Sahu, président de la National Solid Waste Association of India, souligne :

« Ils sont très présents et répondent à un besoin car les gens ne savent pas vraiment quoi faire de leurs déchets. »

Le bidonville de Dharavi, Inde

Le bidonville de Dharavi, Inde

Et puis, renoncer aux normes de sécurité et d’hygiène fait évidemment baisser les coûts. Shakeel Chaudhary, qui a monté son entreprise agréée de recyclage, Shabbir Traders, déplore :

« Ils sont plus compétitifs que moi au niveau des prix. J’ai dû investir dans des équipements que je dois amortir. »

Pour de meilleurs produits

Pour lutter contre la pollution, Amiya Kumar Sahu prône « des technologies plus vertes » et « des produits qui durent plus longtemps ».

Indispensable, tant les appareils vont se multiplier. En 2018, 550 millions d’Indiens seront connectés à Internet, contre 190 millions en 2014.

Dans leur petit local de Dharavi, Pawan et Iqbal le savent :

« On ne va pas manquer de travail. »

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Un exemple de la condition des ouvrières du textile by CSR Inde

Nous reproduisons cet article (publié ici http://www.marianne2.fr/Ouvriere-textile-en-Inde,-le-pire-job-du-monde_a198471.html) car il est un exemple de la condition de la classe ouvrière en Inde, et notamment de sa partie la plus opprimée : les femmes.

Ce n’est malheureusement qu’un exemple concernant une usine. Il y en a des dizaines de milliers en Inde, au Bengladesh, etc. Certains appellent l’Inde « le plus grand sweatshop du monde » (sweatshop : littéralement « usine à sueur », atelier clandestin, atelier où les conditions de travail sont dures et où les travailleurs sont sous payés).

Et bien sûr, vous ne serez pas étonnés de lire à qui profite l’exploitation…

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Ouvrière textile en Inde, le pire job du monde

Si l’industrie textile en Inde est un petit paradis commercial pour les marques de mode occidentales, elle fait connaître un véritable enfer à ses ouvrières, raconté par Hexaconso.

Véritable paradis pour les marques de mode occidentales, l’Inde est en revanche beaucoup plus proche de l’enfer pour ses ouvriers, et surtout ses ouvrières du textile. 

Tous les grands noms du textile occidental, ou presque, font fabriquer au moins une partie de leur textile en Inde, dans des usines aux pratiques souvent plus que douteuses. Ainsi, KPR est une entreprise indienne qui fournit notamment Carrefour, Pimkie, Les 3 Suisses, Décathlon, Kiabi (groupe Auchan), mais aussi Tesco, Walmart, Marks&Spencer, Gap, C&A et H&M… Elle emploie 10 000 personnes, principalement des filles et des femmes, réparties dans les cinq usines du groupe. Uniquement dédiée à l’export, cette entreprise double sa capacité tous les deux ou trois ans, preuve de l’engouement sans cesse grandissant des marques occidentales pour ces usines aux coûts de main d’œuvre quasiment imbattables (sauf peut-être par le Bangladesh, qui détient le triste record du salaire minimum le plus bas au monde).

Officiellement, tout va bien chez KPR. « Ici, les filles sont heureuses », proclame l’un des dirigeants de l’entreprise, qui a reçu avec faste (bouquets de fleurs et haie d’honneur) des journalistes de Libération venus enquêter dans la plus grosse de ses usines. Près de Coimbatore, une « ville textile » du sud de l’Inde, dans l’État du Tamil Nadu, ce sont 5 000 ouvriers, dont 90% de filles, qui travaillent dans ce qu’il convient d’appeler une « usine prison ».

KPR a en effet mis en pratique dans ses usines le système « Sumangali ». Littéralement, ce terme signifie femme mariée en hindi. Apparu il y a une dizaine d’années au Tamil Nadu, ce système consiste à fournir, pendant trois ans, des emplois d’ouvrières du textile à de jeunes filles (environ 14 ans) non mariées des zones rurales les plus pauvres. Au terme des trois ans, les filles reçoivent de 500 à 800 euros, pour payer leur dot (sans laquelle elles ne trouveraient pas à se marier).

Chez KPR, toutes les jeunes filles sont enfermées 24 heures sur 24 dans l’usine (ceinte de hauts murs), elles y dorment dans des « chambres », entassées à 12 dans 10 m² avec pour tout mobilier une paillasse à même le sol et un petit casier, et bien sûr des barreaux aux fenêtres. Les sorties se résument à huit jours tous les six mois pour retourner dans leur famille. Officiellement, leur salaire est de 2,90 euros par jour. Mais KPR trouve toujours le moyen de leur en prélever un peu pour la nourriture, les uniformes…

Bien qu’interdite, cette pratique du « Sumangali » n’en reste pas moins très répandue. Très sérieusement, le dirigeant de KPR rencontré par les journalistes la justifie ainsi : « les filles sont plus disciplinées que les garçons. Elles ne fument pas, démissionnent moins. Les hommes en veulent toujours plus, ils sont attirés par les salaires, et ils préfèrent sortir. Ils sont soumis à des influences politiques ». Et pour expliquer la masse salariale très faible chez KPR (environ 7%) par rapport à ses concurrents (plutôt 11 ou 12%), ce même dirigeant explique : « les filles ne restent que trois ans. Les salaires ne sont donc pas très élevés ». Encore mieux : « les jeunes filles affichent une productivité de 95%. C’est 20% de plus que dans une usine avec des gens de 45 ou 50 ans ».

Alors évidemment, avec de telles conceptions du respect des droits de l’homme, et de la femme surtout, il ne faut pas s’attendre à des miracles au niveau hygiène et sécurité. Les filles travaillent dans un vacarme assourdissant sans bouchon d’oreilles, sans masque pour éviter de respirer les particules de coton flottant dans l’atmosphère, sans formation pour apprendre à se servir des machines-outils qui vous découpent les doigts aussi vite que le tissu, etc, etc… Pour 5 000 personnes, vivant quasiment toutes à plein temps dans cette « usine-prison », il y a en tout et pour tout quatre lits à l’infirmerie, un médecin et deux infirmières.

Nombreuses sont les filles qui ne tiendront pas les trois ans, et qui ne recevront donc pas leur « dot ». Et qui en plus seront tombées malades (boules de coton dans les poumons, anémie, asthme, saignements chroniques…), ou resteront handicapées à vie (doigts coupés, graves déformations des doigts, des genoux…). Autant dire des filles impossible à marier, et vouées à rester des esclaves ou des parias toute leur vie. 

Mais KPR n’a que faire de ces « désaffections », d’abord parce que cela lui permet d’économiser la « dot » promise, ensuite parce que l’entreprise ne manque pas de « candidates ». Payer 30 euros la fille embrigadée, KPR a mis sur pied un réseau de « brokers » qui sillonnent les villages de la région et recrutent ainsi parmi les plus pauvres leur lot de jeunes filles soumises et prêtes à tout pour essayer d’échapper à la misère.

Et les clients de KPR, dans tout ça ? Difficile pour eux de prétendre ignorer les conditions de travail de ces ouvrières. Ils visitent en effet l’usine une à deux fois par an, et même si les jeunes filles sont bien mignonnes dans leur uniforme à fleurs, ils ne peuvent ignorer les violations des droits humains et les conditions de travail déplorables. Mais, interrogées sur leurs « partenariats » avec cette entreprise, toutes les marques occidentales ou presque cherchent à se justifier.

Certaines se retranchent derrière leur « charte-maison » et les audits réalisés dans l’usine, qui, bien sûr, n’ont jamais relevé de « dysfonctionnements » (Décathlon et H&M par exemple). D’autres assurent avoir justement mis fin à leur relation avec KPR tout dernièrement, et ce qui a été vu dans l’usine, portant l’étiquette des marques concernées, était justement « la dernière commande » (argument de Carrefour) ! Vous avez aussi la version qui consiste à dire que ce qui a été vu n’était que des échantillons, et que l’entreprise n’a pas poursuivi ses relations avec cette société » (C&A).

Depuis la publication de cet article par Libération (18 septembre 2010), GAP aurait pris la décision de cesser toute relation commerciale avec KPR, tout comme Carrefour, ainsi que H&M, « s’il s’avère que la compagnie utilise le système Sumangali ».

Comme disait Maurice Allais (disparu ce samedi 09 octobre ) : « La mondialisation, on ne saurait trop le souligner, ne profite qu’aux multinationales. Elles en tirent d’énormes profits. » En voici donc une illustration.

Les chiffres : l’industrie textile en Inde représente 4% du PIB, 14% de sa production industrielle et 17% de ses revenus d’exportation. C’est le deuxième employeur du pays, après l’agriculture, avec 35 millions d’employés, dont beaucoup de femmes et de membres des castes les plus basses.

Source : Libération




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