Comité de Soutien à la Révolution en Inde


GN Saibaba parle de son emprisonnement by CSR Inde
Publicités


Une réponse cinglante de la fille de dirigeants maoïstes au ministre de l’Intérieur by CSR Inde

Dans la première semaine de Juillet (2015 NDT), Ramesh Chennithala, le ministre de l’intérieur du Kerala a écrit une lettre ouverte aux filles de deux maoïstes – Rupesh et Shyna, qui ont été arrêtés par la police de l’Andhra Pradesh en mai de cette année.

Les rapports indiquent que le couple a vécu caché pendant environ 10 ans. Ils ont deux filles – Ami, qui a 19 ans et Savera 13.

Dans sa lettre, le ministre a parlé de son inquiétude pour les deux enfants qui ne reçoivent pas suffisamment de soins de leurs parents. Il a également lancé un appel aux filles de ne pas « s’empêtrer dans des campagnes inutiles et des idéologies creuses ». Au lieu de cela, il leur a demandé de se concentrer sur leurs études et de se transformer en « citoyennes responsables de la nation ».

Néanmoins, Ami, l’aînée écrit son désarroi et son désaccord avec le contenu de cette lettre dans une lettre ouverte au ministre de l’Intérieur. Sa lettre a été publiée par le journal Malayalam Madhyamam dans son édition en ligne.

Voici des extraits traduits de la lettre, à l’origine écrite en Malayalam:

Honorable ministre de l’Intérieur,

Je me trouvais à lire la lettre que vous avez écrit pour nous couvrir de votre sympathie. En tant que père de deux enfants, vous avez parlé de la façon dont vous étiez préoccupé par ce que nous n’avons pas assez d’amour et de soins de la part de nos parents. Je vous remercie pour votre geste. Malgré cela, je ne pouvais pas manquer de remarquer quelques erreurs factuelles et des incohérences dans la lettre. Par conséquent, je décide d’écrire une lettre afin de partager mon point de vue.

Il est illogique de dire que ma sœur et moi ne recevons pas d’amour ni de soins abondants de nos parents. Je crois que nous en avons reçu plus que la plupart des enfants que je connais. Enfant, j’avais l’habitude d’accompagner mes parents partout. En fait, j’ai habité la colonie Adivasi que vous avez visitée le 1er janvier, alors que j’avais à peine cinq ans. Ma vie à Calcutta, Ranni, Mumbai et Bangalore m’a également ouvert à un grand nombre de cultures et de problèmes. Cela m’a aidé un peu à élargir mon point de vue. Mais les choses ont changé lorsque les forces de police, que vous dirigez actuellement, ont fait irruption dans nos vies.

Ami and Savera. (Photo Courtesy: The News Minute)Quand j’avais 10 ans, ma soeur Savera, âgée de quatre ans, et notre mère ont été indûment mises en garde à vue. En raison du harcèlement incessant par vos forces, elle a décidé de renoncer à son emploi à la Haute Cour du Kerala et est devenue une activiste sociale à temps plein. Elle avait alors écrit une lettre au ministre en chef VS Achuthanandan critiquant la force qui la forçait à prendre cette décision. Je fais juste un gentil rappel que ce sont les forces de police que vous représentez qui nous ont forcées à rester sans instruction.

Dans votre lettre, vous avez aussi parlé de la façon dont vous étiez inquiet au sujet des personnes qui nous égareraient. Vous nous avez également priés de nous méfier d’eux. Mais la réalité est différente. Un groupe de policiers a brisé la porte d’entrée de ma maison sans mandat et l’a attaquée. Ils m’ont aussi manqué de respect. Ils ont dit à sœur alors âgée de cinq ans que s’ils mettaient la main sur mon père, ils allaient le tuer en lui frappant la tête avec une grosse pierre.

Il y a plusieurs d’histoires comme celles-ci … Quand ma sœur et moi avons été à une activité organisée par un front culturel, nous avons été accusées d’être des maoïstes et enfermées dans le bâtiment. Et ensuite, vos policiers étaient simplement préoccupés par ma chasteté. «Suis-je vierge? Est-ce que mon hymen est rompu? » sont quelques-unes des nombreuses questions qu’ils avaient en stock à mon encontre.Ami (left) and Savera, daughters of the arrested couple Roopesh and Shyna, at the Coimbatore Central Prison on Wednesday.— Photo: M. Periasamy

Quand un policier m’a demandé mon mot de passe Facebook, j’ai demandé à y  accéder en présence d’un haut fonctionnaire. À cela, il a répondu, en m’avertissant que je n’allais pas voir le monde extérieur pendant une longue période si je ne me conforme pas à sa demande. Quelle est votre réponse à ma sœur, qui pleurait de tout son cœur toute la nuit dans ce bâtiment?

Les organisateurs du front culturel ont été injustement accusés de nous avoir enlevées. Cela est arrivé malgré nos déclarations répétées clamant qu’ils ne nous avaient pas kidnappées. La chasse aux sorcières de la police que vos forces ont déchaînée sur eux en utilisant l’UAPA (loi de prévention des activités illégales) a fait de leur vie un enfer vivant. C’est le constant harcèlement policier que nous nous avons vécu dans notre vie, qui nous a fait réaliser les sophismes sur lesquels une démocratie puissante est construite. Les politiques anti-populaires de la police m’ont fait réaliser que l’idéologie, pour laquelle mes parents se battent, est juste.

Lorsque vous avez pris le temps de sympathiser avec nous du fait que nous devions grandir sans parents autour, comment pouviez-vous ignorer les 150 enfants d’Attappady (ville du Kerala NDT) qui sont mort-nés chaque année?

Endosulfan, Plachimada, Arippa, Kathikudam et bien d’autres manifestations terrestres ont fait du Kerala la terre d’un mouvement de masse.

Des enfants sont nés dans ces endroits aussi, pourquoi ne les reconnaissez-vous pas ?

Lire la suite



La prison est une expérience déshumanisante, dit Saibaba by CSR Inde

G N Saibaba est de retour à Delhi de son deuxième séjour en prison et dit que son «expérience déshumanisante» est assez surréaliste pour devenir l’objet d’un roman de gare. Il a affirmé que, après avoir été brutalement enlevé par la police lors d’un raid contre son logement à l’Université de Delhi, il a été maintenu à l’isolement dans la prison pendant une longue période et on lui a servi de la nourriture pleine de vers. Il a décrit ses 17 mois en prison comme un moment « surréaliste ». Mais, dit le professeur d’anglais de l’Université de Delhi, ce qu’il détestait le plus en prison était d’entendre les cris des prisonniers qui étaient battus.

Libéré par la Cour suprême sous caution, Saibaba dit au Time of India que la première nuit à la prison de Nagpur et les 17 mois et demi qui ont suivi ont été une torture pour lui parce que les cris des prisonniers l’empêchaient de dormir. «J’avais le cœur brisé, en écoutant leurs cris quand ils étaient battus», a déclaré l’homme cloué sur son fauteuil roulant qui a été arrêté en mai 2014 pour diriger prétendument un front maoïste et maintenir des liens avec les rebelles dans le Chhattisgarh et le Maharashtra. «Je me suis plaint auprès des autorités de la prison et de celles qui me visitaient en leur demandant d’arrêter les coups, mais personne ne m’a écouté. »

Après 14 mois derrière les barreaux, il avait été libéré sous caution en Juillet 2015, en raison de son état de santé détérioré, mais avant que son traitement ne soit achevé, sa caution a été annulée et il a été renvoyé en prison le jour de Noël l’année dernière. Qualifiafiant sa vie en prison d’«extrêmement déshumanisante», le professeur d’anglais, qui est reconnu invalide à 90%, a révélé: «Je suis resté dans une petite cellule Anda, entièrement close et isolée. C’est le genre d’endroit où vous ne voyez rien, à l’exception des quatre murs et des barreaux. Transformer un être humain en une sorte d’animal ou de bête est le but principal de cette cellule « .

Il a dit que les conditions en prison sont très semblables à celles qui prévalaient avant les années 1970. «Avant les années 1970, il y avait deux types de conditions qui prévalaient dans les prisons – la réclusion et l’incarcération dans des cellules ou casernes relativement meilleures, » explique Saibaba.  » VR Krishna Iyer a fait des réformes, mais aujourd’hui, les conditions dans toutes les casernes de prison sont comme celles destinées à la réclusion. »

Il a dit qu’il avait été maintenu dans une cellule d’isolement, normalement réservée à ceux qu’il appelle «les gangsters notoires et les soi-disant terroristes ». Il dit qu’il ne pouvait ni voir le ciel ni la terre et qu’on lui refusait le droit de parler avec d’autres prisonniers.

Souffrant déjà de divers problèmes de santé, y compris d’une affection cardiaque grave, Saibaba a souffert d’autres maladies en prison « en raison du manque d’eau et des conditions d’hygiène ». Il a affirmé que les autorités de la prison ont menti dans leur affidavit à la Cour suprême comme quoi il aurait été soigné dans trois hôpitaux alors qu’en réalité on lui a refusé toutes les installations médicales ou l’accès aux médicaments vitaux.

Affirmant que l’Etat prenait « plaisir sadique » à la détérioration de son état de santé, il a déclaré, «Je souffrais de dystrophie musculaire, et déjà incapable de marcher, je suis condamné à vivre avec un membre fonctionnel. Aller aux toilettes, manger, me laver, laver mes vêtements, tout m’était impossible.  » Il a soutenu que les médecins de prison n’ont pas été autorisés à le voir, et à la fois l’ordre du tribunal de première instance de l’emmener à l’hôpital pour des consultations ainsi que des ordonnances similaires de la Haute Cour de Bombay avaient été ignorés par les autorités de la prison.

L’universitaire a également affirmé que la «nourriture qui m’a été servie était plein de vers» et «préparée à partir de matières réellement destiné à la poubelle ».

Source

D’autres articles sur la lutte du Pr Saibaba: 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 111213141516, 17, 181920 et 21



Hommage de Kobad à Anuradha Ghandy by CSR Inde

Kobad Ghandy, l’un des plus hauts dirigeants du PCI (maoïste), se souvient de sa femme et camarade Anuradha Ghandy, la seule femme au sein du Comité central du PCI (maoïste), qui est décédée en avril 2008 de paludisme cérébral.

Kobad Ghandy

Kobad Ghandy est l’un des plus hauts dirigeants du PCI (maoïste). Arrêté à Delhi en septembre dernier, Ghandy est actuellement incarcéré dans le quartier de haute sécurité de la prison de Tihar. Ghandy est de Mumbai, et c’est pendant qu’il suivait des cours d’expertise comptable à Londres qu’il s’est radicalisé. Plus tard, il a rejoint le mouvement des libertés civiles à Mumbai. En 1980, il a été invité à travailler au cœur du Maharashtra par le fondateur du groupe Naxaliste People’s War. Il était marié à Anuradha Ghandy, la seule femme au sein du Comité central du PCI (maoïste). Elle est morte en avril 2008 du paludisme cérébral. Dans cet article écrit pour Open, il rend hommage à sa femme et camarade.

« Le 12 Avril 2008, une belle vie s’est soudainement éteinte. Anuradha Ghandy est décédé précocement à l’âge de 54 ans en raison de la détection tardive d’une maladie mortelle, le paludisme à falciparum. Ce jour-là, les Indiens, en particulier ses femmes opprimées, ont perdu une fleur qui répand son parfum dans de nombreuses régions du pays. Deux ans est une longue période, mais le parfum embaume toujours. Le doux parfum, comme celui d’une fleur éternelle, enivre l’esprit avec des souvenirs de son esprit vif et affectueux. Même ici, dans la cellule de haute sécurité de la prison de Tihar, les cinq ensembles de barres dans lesquelles nous sommes incarcérés ne peuvent pas éteindre l’arôme d’Anu qui rayonne dans la mémoire de chacun. La douleur dont on souffre ici semble est si insignifiante, par rapport à ce à quoi elle a dû faire face en ce jour fatidique.

Je me souviens du premier jour où je l’ai rencontrée, à la mi-1972. L’éclat et la luminosité qui émanaient de son visage enfantin ne se sont jamais estompés à travers toutes les années tortueuses de lutte et d’énorme sacrifice. Le même esprit pétillant, le même dynamisme et le même esprit vif et énergique de la jeunesse, sont restés jusqu’à la fin.

La pureté de son âme et son engagement profond envers les opprimés n’ont jamais permis aux difficultés, physiques ou mentales, de l’abattre. Voilà pourquoi l’usure de la vie ne pouvait pas éteindre sa jeunesse et son exubérance. Ce ne fut que la mortelle incurable sclérose systémique qui l’a frappée en 2002 qui a entraîné tout à coup son vieillissement du jour au lendemain.

Bien que son visage devint blême, elle n’a jamais permis à la maladie de détruire son esprit. Le Afficher l'image d'originefeu d’une vie entière, au service du pays et de son peuple, n’a pas diminué, même d’un iota. Jusqu’à son dernier jour, de six heures du matin à midi jusqu’à minuit, elle était sans cesse en mouvement – à la rencontre du peuple, voyageant, lisant, écriva
nt et même faisant la cuisine et le ménage, elle-même. Bien que la maladie ait lentement rongé ses organes- poumons, reins, cœur et paralysant ses doigts, Anu ne connaissait pas de repos. Elle forçait même ses genoux arthritiques, qui devenaient de plus en plus douloureux,à monter les escaliers, et à parcourir des jours de marche dans les forêts, et d’être souvent debout du matin au soir.

Était-ce la volonté? Était-ce l’engagement? Son épuisement, sa douleur, elle ne les a
jamais montrés sur son visage; elle ne se plaignait jamais. Et ceux qui la rencontraient ne pouvaient pas se rendre compte de ce qu’elle traversait.

La vie de Anu a emprunté de nombreux chemins. Elle était une étudiante brillante à l’école, où l’atmosphère progressiste et démocratique de sa famille a joué un rôle clé dans son façonnage. C’est à l’université qu’elle est devenue une militant et dirigeante étudiante. Dans la période après l’État d’urgence, étant alors devenue maître de conférence, elle est devenue l’une des principales militantes des droits humains dans le pays. Après avoir déménagé à Nagpur au début des années 1980, elle est non seulement devenue dans toute l’Inde le visage du mouvement culturel révolutionnaire à Nagpur / Vidarbha, mais dans son travail en tant que professeur de sociologie, elle est devenue une dirigeante syndicale reconnue. Elle a dirigé de luttes de travailleurs et est même allée en prison plusieurs fois. En outre, elle est devenue une personnalité populaire du mouvement des femmes dans la région. Avec cela, elle a également eu un impact profond sur l’intelligentsia – les professeurs, étudiants, avocats, écrivains et activistes sociaux – de Nagpur et le Vidarbha. Mais, le plus important était son impact déterminant sur le mouvement dalit au Vidarbha, en particulier à Nagpur.

Lire la suite



Au Chhattisgarh, une guerre sans témoin. by CSR Inde

Au Chhattisgarh et particulièrement dans le Bastar, l’Etat et ses milices ont recours à tous les moyens pour faire taire les opposants sous couvert de lutte contre les Maoïstes…

//rutube.ru/play/embed/8418107

http://rutube.ru/play/embed/8418107



Ils sont venus dans nos villages pour nous sauver des «maoïstes» en nous violant, nous torturant et nous tuant. by CSR Inde

Lalit Shukla

gangraped-chitrangada-hindustan-courtyard-assaulted-peddagellur-choudhury_13e99958-a354-11e5-8463-9460a1f5716a

L’adolescente de 14 ans, survivante d’un viol collectif avec sa tante (à droite), dans la cour de leur maison du village de Peddagellur.

Entre les 20 et 24 octobre 2015, dans les villages de Pegdapalli, Chinnagellur, Peddagellur, Burgicheru et Gundam dans le Bijapur au Sud Chhattisgarh, des membres des forces de sécurité ont harcelé et agressé sexuellement plus de 40 femmes et violé collectivement au moins deux femmes au cours d’une opération anti-maoïstes.

Une équipe d’enquêteurs du groupe « femmes contre la violence sexuelle et la répression étatique » (WSS) a visité les villages et a présenté son rapport (Cliquez ici pour lire le rapport d’enquête complet).

Certains des faits importants ont été établis sur la base des témoignages des survivants et les observations de l’équipe d’enquêteurs:

Viol: Nous sommes en mesure de confirmer les viols de deux femmes du village de Peddagulur. L’une des victimes est une jeune fille de quatorze ans et l’autre est une femme enceinte. Les deux ont été victimes de viols collectifs. La jeune fille faisait paître le bétail avec d’autres femmes quand elle a été attaquée par les forces de sécurité. Maîtrisé et les yeux bandés, elle a été violée par au moins trois personnes avant de perdre connaissance. La femme enceinte de quatre mois a été déshabillée par les forces de sécurité le 21 Octobre 2015 et maintes fois plongée dans la rivière, puis violée. Les forces de sécurité avaient également enlevé leurs vêtements et étaient descendus dans la rivière pour la violer.

Pour ajouter à cela, il y a aussi eu quelques autres viols qui ont été racontés, mais en raison du manque de temps d’investigation, ceux-ci n’ont pas été étudiés plus avant et ils sont en cours d’examen plus approfondi.

Agression sexuelle: Beaucoup de femmes, au moins 15 rien que dans Chinnagelur et Pedagelur, et beaucoup d’autres dans les villages voisins (Gundam, Burgichheru etc) ont déclaré avoir été déshabillées, battues sur leurs cuisses et les fesses, leurs vêtements du bas ont été levés et ils ont été menacés de subir davantage de violence sexuelle (par exemple poser des piments dans leur vagin). Leurs blouses ont été arrachées. Au moins deux femmes qui allaitaient ont déclaré que leurs seins ont été pincés et pressés pour le lait. D’autres femmes ont également mentionné que leurs seins ont été touchés, tirés et pressés.

Harcèlement sexuel: les femmes ont été chassées de leurs maisons qui ont ensuite été occupées par les forces de leur séjour. Dans certains cas, les policiers ont enlevé leurs vêtements et ont invité les femmes à venir dormir avec eux si elles voulaient dormir dans leur propre maison, alors que les hommes du village s’étaient enfuis dans la jungle.

Agression physique: de nombreuses femmes ont rapporté des bastonnades sévères. Dans certains cas, elles tenaient leurs enfants quand elles ont été frappées par derrière. On leur a tiré les cheveux, elles ont été traînées, leur tête a été cognée sur le sol, et elles ont été poussées avec des fusils et des matraques (Dande). Les contusions provoquées par de cette violence étaient encore visibles sur de nombreuses femmes quand nous les avons rencontrées. Beaucoup d’entre elles étaient encore incapables de marcher. Elles ont mentionné qu’elles avaient utilisé des compresses chaudes pour soulager la douleur en l’absence de tout service médical dans la région.

Les nourrissons et les petits enfants ont également été brutalement battus par les forces de sécurité. En essayant de les sauver, les femmes ont été encore plus battues.

Pillage de biens: des produits alimentaires comme le riz, l’huile, le sel, le masala, des piments etc; du bétail comme des poulets et des porcs; des vêtements, des torches, du savon ont été pillés dans les maisons par les forces de sécurité. Ils ont cuit et mangé la plupart des produits alimentaires, en ont emporté une partie avec eux et ont détruit le reste. Ils ont également emporté l’argent où qu’ils l’aient trouvé dans les maisons. C’étaient les économies d’une vie recueillies durement petit à petit. Certaines sont dans en billets, mais la plupart sont en pièces. Elles les gardaient avec elles vu qu’il n’y a pas d’autre endroit pour les déposer. Les montants les plus importants mentionnés par les victimes variaient de 2800 roupies à un maximum de 10000 roupies. Plusieurs femmes ont indiqué le montant de leur perte en montrant la taille du porte-monnaie utilisé pour garder ces pièces.

Destruction de la propriété: à Burgicheru, une maison a été détruite et brûlée par les forces de sécurité. Ils sont entrés dans la maison et ont cassé toute la vaisselle. Le riz a également été pris.

Nous, Femmes contre la violence sexuelle et la répression étatique (WSS) exigeons que des mesures strictes soient prises contre ces personnes et qu’elles soient inculpées pour les crimes commis directement par elles et pour celles qui peuvent ne pas avoir été directement partie prenante des crimes, que des mesures soient prises contre elles en tant que complices de la même chose.

Nous exigeons qu’une enquête libre et indépendante soit menée sur ces incidents. Pour nous assurer qu’il n’y a pas de biais, la police qui a été partie ou responsable totalement ou en partie des opérations ne devrait pas en aucune manière être partie prenante de cette enquête.

Nous exigeons également que l’Etat assure la sécurité et la sûreté des femmes qui ont pris l’initiative de parler ainsi que des gens de leur village. Il doit veiller à ce qu’aucune autre intimidation ou violence ne leur soit infligée.

Chitrangada Choudhury a écrit une série d’articles (1,2,3) dans l’Hindustan Times et quelques autres médias nationaux en ont parlé (12), mais dans ce cas et plus de 50 jours après que la plainte contre les ‘Suraksha bal’ (forces armées des gardes-frontières) a été enregistrée le 1er novembre par la police de Bijapur, pas une seule personne n’a été arrêtée. La commission Nationale pour les Droits Humains (NHRC) a demandé au gouvernement de soumettre un rapport en 4 semaines. Les enquêteurs officiels en sont encore à visiter le site de l’incident pour recueillir des preuves oubliant la protection et le sort des gens qui y vivent.

Voilà comment la démocratie indienne travaille dans les forêts profondes dans le cœur du pays de manière assez similaire à ce qui se passe au Cachemire ou au Nord Est de l’Inde, où les forces de sécurité sont habilitées à commettre de tels crimes en bénéficiant de l’impunité prévue par l’AFSPA (loi sur les pouvoirs spéciaux accordés aux forces armées NDT). (12). L’Etat a déclaré la guerre contre sa propre population la plus défavorisée (1).

Source (très bon blog!)



Professeur GN Saibaba: « En prison, la torture constitue une routine quotidienne » by CSR Inde

«Les gens sont battus à la moindre provocation, sont forcés à défiler complètement nus, puis torturés. Saviez-vous que c’est dans le Maharashtra que le nombre de décès en prison est le plus élevé? La seule année, où j’étais en prison, 98 prisonniers sont morts ».

 

Professeur GN Saibaba, qui est à 90% handicapé, parle de son calvaire dans une prison de Nagpur après avoir été arrêté pour avoir protesté contre la campagne anti-naxalite et anti-Adivasi menée par l’Etat Central.

Prof G N Saibaba with his wifeProf G N Saibaba avec sa femme

 

Le 9 mai 2014, lorsque le professeur GN Saibaba, qui enseigne l’anglais au Ram Lal Anand College de l’Université de Delhi, a été «enlevé» par la police du Maharashtra sur le trajet menant de sa classe à sa maison, personne ne prévoyait que l’universitaire en fauteuil roulant serait physiquement maltraité en prison.

Mais durant les 14 mois, pendant lesquels il a été emprisonné à la prison centrale de Nagpur, le professeur Saibaba, qui à 90% handicapé, s’est vu refuser ses médicaments et assistants pourtant vitaux, et ce malgré les ordonnances judiciaires répétées.

Le professeur Saibaba, critique virulent de l’opération Green Hunt, la campagne du Centre anti-maoïste et anti-Adivasi lancée en 2009 par le gouvernement de l’Alliance progressiste unie (UPA) dans la zone tribale du Chhattisgarh, du Maharashtra, du Jharkhand et d’Orissa, avait auparavant fait face à des interrogatoires et des raids de la police.

L’universitaire / militant, accusé d’être membre d’une organisation terroriste interdite (le Parti communiste de l’Inde-Maoïste), de fournir de la logistique et d’aider le groupe à récruter, qui a obtenu une libération sous caution de la Haute Cour de Bombay pendant trois mois pour suivre un traitement médical, a parlé à Jyoti Punwani de son expérience en prison, passée dans une célèbre cellule « Anda » (en forme d’oeuf), cellule réservée aux accusés de terrorisme et au supposés maoïstes.

Le 23 Décembre, la Haute Cour a annulé la libération sous caution du professeur Saibaba et lui a demandé de se rendre à la prison centrale de Nagpur avant le 25 décembre.

Compte tenu de votre opposition conséquente à l’opération Green Hunt, et à l’arrestation de dissidents politiques, vous attendiez-vous à être arrêté vous-même?

Personnellement, je ne m’y attendais pas. Mes amis pensaient que c’était possible, parce que j’étais l’un des organisateurs d’un forum contre l’opération Green Hunt. Mais, depuis ces 30 dernières années, je suis habitué à ce genre de campagne.

Il y a eu des plaintes déposées contre moi dont les accusations reposaient sur ma participation à des mouvements d’agitation auxquels j’ai participé, mais je n’ai jamais été arrêté, et les poursuites ont ensuite été abandonnées.

Vous attendiez-vous un tel traitement inhumain après votre arrestation?

Non, je ne pouvais pas imaginer que je serais traité comme ça. Auparavant, j’avais été arrêté quelques heures, pour avoir participé à des agitations. Mais on ne m’a jamais traité comme ça.

Les fonctionnaires de la prison ont aussi été brutaux, ou ce sont seulement les flics?

Les deux. On ne m’a pas battu, mais ils ont créé des conditions afin que je ne puisse pas aller aux toilettes. Donc, j’ai refusé de manger pendant les 72 premières heures. Après avoir été mis en prison, on ne m’a fourni aucune aide – vous savez que je suis complètement handicapé et que je ne peux rien faire de moi-même. Donc encore une fois pendant 72 heures, j’ai refusé de manger.

En prison, je n’ai pas été autorisé à parler à quiconque pendant les 20 premiers jours. Mais les autres prisonniers m’ont aidé de toutes les manières qu’ils ont pu.

Il y avait un certain nombre de garçons Adivasi dans la cellule « anda » où j’ai été placé. Quand, dans la soirée, pour eux, il était l’heure d’être enfermés, ils refusaient de rentrer, insistant pour qu’ils soient autorisés à m’aider. Ils ont commencé à m’aider secrètement, et quelques gardes qui avaient bon caractère l’ignoraient à moins que le geôlier ne se trouvât à proximité.

Cela a duré pendant 20 jours, en dépit de la stricte vigilance visant à s’assurer que les Adivasis arrêtés dans des affaires liées au Naxalites ne devaient pas me rencontrer. Puis, comme le nombre de garçons participant à l’agitation grandissait c’est devenu difficile pour l’administration.

Après cela, bien que je n’aie jamais officiellement bénéficié de la moindre assistance, ils ne se sont pas interposés si d’autres prisonniers m’aidaient.

Ce fut une leçon intéressante pour moi: À l’extérieur de la prison, je m’étais battu pour les droits des Adivasis; à l’intérieur, ils se battaient pour les miens.

Savaient-ils qui vous étiez, ou ont-ils fait cela par bonté?

Personne ne leur a dit qui j’étais. Ils l’ont fait de leur propre chef. Ils ont commencé à vivre avec moi. Deux d’entre eux se relayaient pour être avec moi pendant huit heures par jour.

Je commencé à leur enseigner l’anglais. J’ai commencé avec l’alphabet et après un an, ils ont commencé à lire et écrire! Ils ont appris avec discipline, jour et nuit; c’était intéressant pour eux.

Ma fille et ma femme ont apporté un grand nombre de livres, de cahiers, de stylos. Nous avons dû lutter pour les faire entrer à l’intérieur. Les autorités m’a dit que je n’avais pas besoin de ces livres de base. Mais ma femme refusait de partir tat qu’ils n’acceptaient pas les livres.

Les geôliers vous traitaient-ils avec respect?

Ils me parlaient avec respect, mais ils étaient sous la pression des différentes agences les enjoignant de ne pas exécuter les ordres de la Cour requérant mon déplacement de la cellule claustrophobique « Anda » dans des bâtiments ordinaires, de me fournir des assistants 24h/24 quand ma santé se détériorait et que je m’évanouissais ainsi que de me fournir un refroidisseur.

Vous devez avoir informé le tribunal que ses ordonnances n’étaient pas appliquées.

Invoquant des problèmes de sécurité, on ne m’a jamais présenté à la cour du tout. Ils ont utilisé la vidéoconférence pour le faire. Comme la prison n’était pas accessible en fauteuil roulant, je ne pouvais même pas atteindre la salle où la conférence vidéo a été mise en place. Ils ont dû me lever et m’amener là-bas.

À chaque étape, les dispositions de la loi sur les personnes en situation de handicap ont été violées.

Si le juge le comprenais; j’aurais aussi exigé que je sois emmené au tribunal, mais ça ne servait à rien. Un juge m’a dit: «Quelle en est l’utilité, même si je donne l’ordre, parce que la salle d’audience est au deuxième étage. Comment allez-vous venir jusqu’ici? Je lui ai dit qu’en vertu de la Loi, le tribunal doit être à un étage accessible.

Les juges ont fait avertir les autorités de la prison, mais elles s’en moquaient. Ils ont même violé l’ordre de la Haute Cour au sujet de mon traitement. Un juge a demandé à mon avocat: «Puis-je y aller et mettre en œuvre mes ordres?

Donc, durant les 14 mois que j’ai passés à l’intérieur, la seule fois où on m’a sorti était pour aller à l’hôpital.

Les médecins étaient-ils favorables?

Au départ, ils ont été forcés à publier des faux rapports. Pourtant, quelques-uns ont résisté et ont ordonné une contre-expertise. Mon IRM a été faite quatre fois. J’ai un problème cardiaque vieux de 10 ans, mais le premier rapport disait que mon coeur était parfait.

Les prévenus emprisonnés en vertu de la Loi sur la prévention des activités illégales doivent être escortés par huit gardes, dont deux d’entre eux sont armés, quand ils sortent de prison.

Pour moi, 20 gardes, 15 d’entre eux armés, dont certains étaient armés d’AK-47, venaient à l’hôpital avec moi. Ils occupaient la chambre où le médecin m’examinait, créant ainsi une atmosphère de terreur.

Source




%d blogueurs aiment cette page :