Comité de Soutien à la Révolution en Inde


Une réponse cinglante de la fille de dirigeants maoïstes au ministre de l’Intérieur by CSR Inde

Dans la première semaine de Juillet (2015 NDT), Ramesh Chennithala, le ministre de l’intérieur du Kerala a écrit une lettre ouverte aux filles de deux maoïstes – Rupesh et Shyna, qui ont été arrêtés par la police de l’Andhra Pradesh en mai de cette année.

Les rapports indiquent que le couple a vécu caché pendant environ 10 ans. Ils ont deux filles – Ami, qui a 19 ans et Savera 13.

Dans sa lettre, le ministre a parlé de son inquiétude pour les deux enfants qui ne reçoivent pas suffisamment de soins de leurs parents. Il a également lancé un appel aux filles de ne pas « s’empêtrer dans des campagnes inutiles et des idéologies creuses ». Au lieu de cela, il leur a demandé de se concentrer sur leurs études et de se transformer en « citoyennes responsables de la nation ».

Néanmoins, Ami, l’aînée écrit son désarroi et son désaccord avec le contenu de cette lettre dans une lettre ouverte au ministre de l’Intérieur. Sa lettre a été publiée par le journal Malayalam Madhyamam dans son édition en ligne.

Voici des extraits traduits de la lettre, à l’origine écrite en Malayalam:

Honorable ministre de l’Intérieur,

Je me trouvais à lire la lettre que vous avez écrit pour nous couvrir de votre sympathie. En tant que père de deux enfants, vous avez parlé de la façon dont vous étiez préoccupé par ce que nous n’avons pas assez d’amour et de soins de la part de nos parents. Je vous remercie pour votre geste. Malgré cela, je ne pouvais pas manquer de remarquer quelques erreurs factuelles et des incohérences dans la lettre. Par conséquent, je décide d’écrire une lettre afin de partager mon point de vue.

Il est illogique de dire que ma sœur et moi ne recevons pas d’amour ni de soins abondants de nos parents. Je crois que nous en avons reçu plus que la plupart des enfants que je connais. Enfant, j’avais l’habitude d’accompagner mes parents partout. En fait, j’ai habité la colonie Adivasi que vous avez visitée le 1er janvier, alors que j’avais à peine cinq ans. Ma vie à Calcutta, Ranni, Mumbai et Bangalore m’a également ouvert à un grand nombre de cultures et de problèmes. Cela m’a aidé un peu à élargir mon point de vue. Mais les choses ont changé lorsque les forces de police, que vous dirigez actuellement, ont fait irruption dans nos vies.

Ami and Savera. (Photo Courtesy: The News Minute)Quand j’avais 10 ans, ma soeur Savera, âgée de quatre ans, et notre mère ont été indûment mises en garde à vue. En raison du harcèlement incessant par vos forces, elle a décidé de renoncer à son emploi à la Haute Cour du Kerala et est devenue une activiste sociale à temps plein. Elle avait alors écrit une lettre au ministre en chef VS Achuthanandan critiquant la force qui la forçait à prendre cette décision. Je fais juste un gentil rappel que ce sont les forces de police que vous représentez qui nous ont forcées à rester sans instruction.

Dans votre lettre, vous avez aussi parlé de la façon dont vous étiez inquiet au sujet des personnes qui nous égareraient. Vous nous avez également priés de nous méfier d’eux. Mais la réalité est différente. Un groupe de policiers a brisé la porte d’entrée de ma maison sans mandat et l’a attaquée. Ils m’ont aussi manqué de respect. Ils ont dit à sœur alors âgée de cinq ans que s’ils mettaient la main sur mon père, ils allaient le tuer en lui frappant la tête avec une grosse pierre.

Il y a plusieurs d’histoires comme celles-ci … Quand ma sœur et moi avons été à une activité organisée par un front culturel, nous avons été accusées d’être des maoïstes et enfermées dans le bâtiment. Et ensuite, vos policiers étaient simplement préoccupés par ma chasteté. «Suis-je vierge? Est-ce que mon hymen est rompu? » sont quelques-unes des nombreuses questions qu’ils avaient en stock à mon encontre.Ami (left) and Savera, daughters of the arrested couple Roopesh and Shyna, at the Coimbatore Central Prison on Wednesday.— Photo: M. Periasamy

Quand un policier m’a demandé mon mot de passe Facebook, j’ai demandé à y  accéder en présence d’un haut fonctionnaire. À cela, il a répondu, en m’avertissant que je n’allais pas voir le monde extérieur pendant une longue période si je ne me conforme pas à sa demande. Quelle est votre réponse à ma sœur, qui pleurait de tout son cœur toute la nuit dans ce bâtiment?

Les organisateurs du front culturel ont été injustement accusés de nous avoir enlevées. Cela est arrivé malgré nos déclarations répétées clamant qu’ils ne nous avaient pas kidnappées. La chasse aux sorcières de la police que vos forces ont déchaînée sur eux en utilisant l’UAPA (loi de prévention des activités illégales) a fait de leur vie un enfer vivant. C’est le constant harcèlement policier que nous nous avons vécu dans notre vie, qui nous a fait réaliser les sophismes sur lesquels une démocratie puissante est construite. Les politiques anti-populaires de la police m’ont fait réaliser que l’idéologie, pour laquelle mes parents se battent, est juste.

Lorsque vous avez pris le temps de sympathiser avec nous du fait que nous devions grandir sans parents autour, comment pouviez-vous ignorer les 150 enfants d’Attappady (ville du Kerala NDT) qui sont mort-nés chaque année?

Endosulfan, Plachimada, Arippa, Kathikudam et bien d’autres manifestations terrestres ont fait du Kerala la terre d’un mouvement de masse.

Des enfants sont nés dans ces endroits aussi, pourquoi ne les reconnaissez-vous pas ?

Daughters of Roopesh - Ami and Savera - along with the activists of a cultural organisation ‘Njattuvela’ raising slogans when Maoist leaders Roopesh and his wife Shyna were brought to the Ernakulam Additional District Sessions court (CBI/NIA) in Kochi on Wednesday | Mithun VinodLa moitié des enfants de tribus qui s’inscrivent à l’école primaire ne parviennent pas terminer le niveau primaire. Près de trois-quarts d’entre eux ne parviennent pas à l’école secondaire. Pouvez-vous ignorer ces échecs? En raison de la privatisation de l’éducation, des dizaines de milliers de personnes sont maintenant engluées dans des prêts éducatifs les poussant même des fois jusqu’au suicide.

Pourquoi choisissez-vous toujours de les ignorer?

Dans votre lettre, vous dites que ce n’est pas de destruction, mais de construction dont nous avons besoin. Fait intéressant, en décembre dernier, je me trouvais à lire une lettre que mon père vous a écrit. Il vous exhorte à reconnaître les souffrances des populations tribales sans terre. Il parle de la façon dont les faibles cours pour leurs produits sont un clou planté dans leur cercueil. Dans la lettre, je lis à propos des populations tribales et des agriculteurs pauvres qui sont écrasés en raison des politiques anti-populaires de votre gouvernement. Mais vous n’avez jamais pris l’initiative même d’aborder la question.

ami-and-saveraVous pouvez appeler nos parents « mécréants ». Pour vous et vos prédécesseurs, ils seront certainement des mécréants. Bhagat Singh, Subhash Chandra Bose et beaucoup d’autres qui se sont opposés au colonialisme ont ensuite été appelés mécréants. Ils ont tous été traités par les lois anti-démocratiques et les sombres donjons. Aujourd’hui, vous procédez avec mes parents de la même manière. Mais la majorité de notre peuple, qui est en proie à la pauvreté ne voit pas mes parents comme des mécréants. Leur combat résonne plus parmi eux que le vôtre. Mes parents ne se sont pas battus pour se construire un futur conformable ou des économies. Au lieu de cela, ils sont partis pour rendre la vie des personnes pauvres dans le Kerala et ce pays meilleure. Leur combat était pour ces personnes.

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