Comité de Soutien à la Révolution en Inde


Pourquoi le Chhattisgarh veut se débarrasser de cette chercheuse. by CSR Inde

Bela Bhatia:

Bela Bhatia dit qu’elle a été qualifiée de naxalite pour avoir aidé les femmes tribales à déposer des plaintes contre les forces de sécurité.

Il y a une bonne raison pour laquelle le gouvernement du Chhattisgarh veut déplacer hors de l’État l’activiste des droits humains et chercheuse en sciences sociales Bela Bhatia.

Mme Bhatia s’est retrouvée dans le collimateur de l’administration du Chhattisgarh depuis qu’elle a aidé les femmes tribales à déposer une plainte contre le personnel de sécurité pour des viols collectifs et des agressions sexuelles aggravées en novembre dernier. Aucune arrestation n’a eu lieu jusqu’à présent, mais les trois plaintes, déposées sur une période de deux mois, ont le potentiel de blesser les forces et d’embarrasser le ministre en chef Raman Singh. Les amis de Bela lui disent que c’est la première fois que des personnels de sécurité sont accusés de viol en vertu de la nouvelle stricte loi anti-viol ou de la loi modifiant la Loi pénale ( Criminal Law Amendment Act en 2013).

«Quand je vivais dans le village Parpa de la ville de Jagdalpur, mon propriétaire qui est tailleur et coud des uniformes pour le CRPF (forces de police), m’a demandé de quitter les lieux sans préavis. Sur le moment, je n’y ai pas réfléchi beaucoup, mais maintenant que constate que la maison est restée vacante, je peux imaginer pourquoi il voulait me faire sortir. J’avais payé le loyer pour toute l’année », explique Mme Bhatia.

Depuis, elle a déménagé et vit dans un hameau proche du Bastar. Mais depuis que la première plainte a été déposée le 1er novembre dans le village de Peddagalur du district de Bijapur, après l’enquête menée par les femmes contre la violence sexuelle et la répression de l’Etat (WSS) sur un viol collectif, la pression a été mise sur Mme Bhatia, qui était la plaignante principale.

Agressions répétées

La première plainte était basée sur les témoignages de femmes qui ont été filmés puis soumis au contrôleur. Bien qu’on ait dit à l’activiste que l’enquête était en cours, la nouvelle d’un viol collectif commis par les forces de sécurité a été rendue publique. Cette fois-ci, huit femmes du village de Bellamlendra du district de Bijapur vinrent à témoigner, après l’intervention de groupes de femmes, et, selon Mme Bhatia, une plainte a été déposée le 21 janvier. Un troisième cas d’agression sexuelle sur six femmes dans le district de Sukma a conduit au dépôt de la troisième plainte vers la fin du mois de Janvier.

«Nous aidons les populations tribales avec les processus juridiques, ainsi que des militants des droits humains. Trois viols comprenant des agressions sexuelles et des coups impliquant le personnel de sécurité et la police, ont été soumises au contrôleur avec les témoignages des femmes», explique Mme Bhatia.

Alors qu’elle était accusée de fabriquer ces affaires, une série d’incidents a eu lieu à Parpa. « Le 18 février, des hommes en civil ont interrogé mon propriétaire et l’ont appelé au poste de police du village. Puis, le 23 février, le chef du poste de police est venu chez moi en mon absence pour prendre une vidéo. Le 26 mars, une foule de 100 personnes est venue. Je n’étais pas à la maison. Ils sont venus dans une jeep et un camion pick-up et ont interrogé mon propriétaire. Ils lui ont dit, que j’étais un dalal (une taupe) pour les Naxalites. Ils lui ont dit « Bhagao Usko » (expulse-la !). Mon propriétaire leur a expliqué que je cuisinais et achetais ma propre nourriture. « Les femmes [du groupe], appartenant à la Mahila Ekta Manch, transportaient des tracts me désignant comme naxalite. » Elles ont traité son compagnon, l’économiste Jean Drèze d’étranger détruisant la nation.

Le Mahila Ekta Manch, affilié à la Samajik Ekta Manch – une partie du plan proposé par le gouvernement pour lutter contre les Naxalites – comprend des tribaux qui se sont tournés contre les journalistes et les militants critiques de l’administration de l’État. Formé à identifier les gens de l’extérieur comme des étrangers, le groupe qualifie ceux qui critiquent l’État comme étant des Naxalites.

« Hier, le maire du village où j’habite maintenant a convoqué mon propriétaire. Je peux voir la pression mise sur lui et je ne sais pas combien de temps il sera en mesure de tenir », a dit Mme Bhatia. Elle lui a demandé de la tenir informée au cas où il souhaiterait qu’elle quitte le lieu. Son propriétaire est commis dans l’administration du district.

«Le groupe [Samajik Ekta Manch] veut un Bastar sans Naxalite, mais ne remet pas en cause la violence de l’État», dit la militante.

Au Chhattisgarh, quatre journalistes sont derrière les barreaux et une contributrice du site Scroll.in, Malini Subramaniam, a récemment été chassée. Selon un mouvement organisé parrainé par l’État contre les maoïstes, ceux qui critiquent l’administration du Chhattisgarh sont désignés comme Naxalites.

Bela Bhatia, diplômée d’un doctorat de l’Université de Cambridge, a fait partie de la Commission de planification avec les responsables gouvernementaux afin d’examiner les défis posés par les maoïstes à la gouvernance et a été universitaire à l’Institut Tata des sciences sociales ainsi qu’au Centre pour l’étude des sociétés en développement (CSDS). Elle dit qu’elle ne peut pas rester une simple chercheuse.

«Je travaille ici depuis 2007, menant des recherches sur la contre-insurrection. J’ai entendu parler de gens étant arbitrairement ramassés. Je ne vais pas quitter le Bastar », explique Mme Bhatia.

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