Comité de Soutien à la Révolution en Inde


Les vrais nationalistes vont-ils se lever ? by CSR Inde
Kobad Ghandy, Maoist ideologue, has been in Tihar Jail for four years. (TOI file photo by Piyal Bhattacharjee)

Lundi 28 Mars 2016, par Kobad Ghandy

Ce qui suit est le dernier article écrit par Kobad Ghandy, le penseur marxiste-maoïste, maintenant interné à la prison de Tihar 3. Il l’a d’abord envoyé à The Indian Express en lui demandant de le publier au plus tôt car c’est un sujet lié à la question de la JNU ; cependant, étant donné qu’il n’a pas reçu la moindre réponse de TIE, il nous l’a envoyé pour publication. Nous le portons donc immédiatement au bénéfice de nos lecteurs.

Kobad

Qu’est-ce que le nationalisme / patriotisme réel? Tout naturellement, l’amour pour sa nation / son pays. Mais ce n’est pas un concept abstrait. La nation comprend notre terre et le peuple. Ainsi, l’amour pour notre terre et de la masse du peuple serait le point de départ d’un véritable nationalisme. Rechercher l’épanouissement de notre terre et du peuple, avec une profonde empathie pour eux, serait l’essence du véritable nationalisme.

Cela j’ai pu l’apprécier seulement quand j’étais en Grande-Bretagne pour étudier l’expertise comptable (Chartered Accountancy) à la fin des années 1960. Comme ce fut là que j’ai vu que nous, les Indiens, étions traités d’une manière raciste par les Blancs, ça m’a poussé à en rechercher les causes. J’ai découvert que ses racines reposaient dans leur mentalité coloniale. Donc, j’ai commencé à lire des livres traitant du colonialisme / impérialisme et de l’histoire de notre lutte pour la liberté. Le grand traité de Dadabhai Naoroji a beaucoup éclairé la façon dont une riche Inde avait été ruinée par deux siècles de pillage colonial. Le livre de R.P. Dutt, India Today, a donné un aperçu des sacrifices de milliers de personnes qui se sont battues pour notre liberté, et la brutalité des Britanniques qui cherchaient à écraser les aspirations du peuple, et à les diviser par une politique de diviser pour régner. Les racines du présent fossé entre hindous et musulmans pourraient probablement être attribuées à cette politique coloniale qui a contribué à détourner la colère du peuple loin des dirigeants britanniques.

kobad

Enfin, après quatre ans de faire de l’expertise comptable avec une carrière potentiellement riche, j’ai rejeté mes études et je suis revenu en Inde pour servir la nation. Je faisais face à un dilemme: soit devenir riche et puissant, ou servir la nation, en particulier ses sections opprimées. J’ai choisi cette dernière voie, peut-être en raison d’une forte poussée nationaliste en moi.

Ce fut une décision difficile, mais jamais regrettée. Bien qu’elle ait entraîné l’abandon de la vie luxueuse d’un expert comptable, elle m’a donné une énorme satisfaction personnelle au service des sans-défenses. Malheureusement, à la fin de ma vie de labeur, je fus arrêté pour la première fois en vertu des lois de type colonial et ai maintenant passé six ans et demi en prison avec peu d’espoir de libération, bien que j’aie 68 ans et de nombreux problèmes de santé. Si j’avais suivi ma carrière d’expert-comptable, j’aurais vécu une vie cinq étoiles, mais avoir réagi à la destruction sans motif de notre terre et du peuple, et agir sur elle, a donné lieu à cette cruelle incarcération issue de l’époque coloniale. Cependant, il était difficile de rester insensible à un véritable viol de Mother India qui a lieu quotidiennement. Ca fait pleurer de voir les rêves de nos combattants de la liberté être réduits en poussière même après presque soixante-dix années d’indépendance.

Un bref aperçu de la destruction menée envers notre terre et le peuple, ainsi que la direction de la croissance économique, donneront une orientation sur l’endroit où notre nationalisme doit être concentré. Tout d’abord, penchons-nous sur notre terre, l’état de notre peuple, et enfin, l’économie.

Témoin de l’étendue de la destruction. La majeure partie de notre terre végétale est détruite à cause de produits chimiques entraînant une faible rétention de l’eau, qui entraîne à son tour des inondations, des sécheresses et une mauvaise infiltration, un assèchement nos nappes phréatiques les rendant salines. De plus, en seulement 15 ans, rien qu’entre 1999 et 2013, 15 pour cent de notre surface forestière totale a été détruite, et dans les deux années suivantes (2013-15) une destruction supplémentaire de 2500 kilomètres carrés de terre forestière a eu lieu. Ceci est la raison principale de précipitations insuffisantes et erratiques résultant des sécheresses successives et de précipitations hors saison, des ravages dans nos cultures. Enfin, malgré la clameur à propos de Swachh Bharat, l’Inde génère 36,875 millions de litres par jour d’eaux usées non traitées, transformant nos systèmes et les côtes fluviaux vierges en caniveaux-meurtriers pour nos poissons et induisant cinq cents mille décès par an dus à des maladies dues à l’eau.

Passons maintenant à notre peuple. De la population rurale 450 millions vivent comme ouvriers agricoles et 200 autres millions comme agriculteurs marginaux (ayant moins de 2,5 acres). La majeure partie de ceux-ci ne peut même pas acheter suffisamment de nourriture et maintenant avec les prix des articles alimentaires de base – les légumes, les oignons, etc.- qui grimpent en flèche, le peu qu’ils avaient leur est arraché de la bouche. Mais ce n’est pas tout, ce sont les agriculteurs relativement mieux lotis  qui sont aussi en crise profonde avec cette année des suicides d’agriculteurs atteignant un sommet à plus de 10 000 ce qui correspond à 28 tous les jours. Enfin, même la population urbaine, environ 50 pour cent ou 150 millions, vivent dans les bidonvilles les plus non hygiéniques sans emploi viables disponibles.

Donc, nous constatons que, même après presque soixante-dix ans d’indépendance, 800 millions de notre peuple (65 pour cent) vivent dans des conditions infra-humaines. Et comme pour les 300 millions des curieuses classes moyennes, ils sont eux aussi éjectés en raison du manque d’emplois, de l’inflation et des dépenses énormes pour les soins. Et en dépit de leurs conditions en déclin, la dernière Étude économique (28 février, 2016) prévoit de leur arracher un gigantesque 1000 milliards de roupies grâce à la réduction des subventions, tout en laissant intacts les 5000 milliards de roupies de subvention aux grandes entreprises. Ce sont seulement les 2 à 5% supérieur qui sont en plein essor, mais ce sont eux qui contrôlent le pouvoir et les médias.

En plus de tout cela, nous sommes une nation malade avec des niveaux épidémiques de maladie frappant les classes pauvres et moyennes. Selon les rapports gouvernementaux, 52 pour cent de tous les ménages sont confrontés à une malnutrition sévère et, en fait, l’apport en protéines a chuté de 10 pour cent au cours des deux dernières décennies. 160 000 enfants (de moins de cinq ans) meurent chaque année, il y a 1000 décès par jour dus à la tuberculose et la paludisme / dengue continue de causer des ravages. Et à ces maladies infectieuses sont maintenant ajoutées les maladies contemporaines comme le cancer, le cœur, les poumons, etc. Le ministère de la Santé stipule que 65 millions de personnes sont poussées dans la pauvreté chaque année à cause des dépenses consacrés aux soins de santé. Au cours de l’année 2011-12 seule, 43 millions de personnes ont été confrontées à des «dépenses de santé catastrophiques». Pourtant, les dépenses de notre gouvernement en matière de santé sont parmi les plus basses dans le monde à environ un pour cent du PIB (la Chine est à trois pour cent). Est-ce pas de facto un assassinat de masse, voire un génocide, aussi sûrement qu’une augmentation des dépenses publiques de santé, d’hygiène et une réduction de la pollution permettrait de sauver des milliers de vies chaque année ??

Cette destruction de la terre et du peuple est liée à la nature de notre économie qui est en déclin terminal bien que générant encore énormément d’argent sale. L’économie rurale est dans une situation désespérée, la fabrication est dans le marasme, les banques sont en faillite de fait, la roupie s’écrase, les exportations se contractent comme jamais auparavant et l’inflation galopante est grignotte les salaires réels. Regardons l’économie d’abord.

la croissance agricole a plongé de un pour cent. La production industrielle a été continuellement en déclin et la «croissance» en Novembre 2015 (à -3.2 pour cent) est allé à un niveau le plus bas depuis quatre ans. La valeur ajoutée dans la production manufacturière totale est passée de 25 pour cent dans les années 1990 à 18 pour cent aujourd’hui. La fabrication a contribué à un faible six pour cent à la croissance totale de la productivité du travail, comparativement à 32 pour cent en Chine. Les banques sont sur la corde raide en raison de défaillances d’entreprises, qui survivent principalement grâce à une énorme injection de fonds par le gouvernement. Alors que les grandes entreprises continuent leur mode de vie de sept étoiles, elles refusent de répondre de leurs énormes dettes au gouvernement les renflouant. Enfin, nous voyons que la roupie a touché un plus bas de 28 mois, et que les exportations en 2015 se sont contractées massivement de 18,5 pour cent-la pire année depuis 1952-1953.

L’économie ne pourrait pas être dans un pire désordre. Seule l’économie noire fleurit.

Selon un rapport de l’Institut national des finances et des politiques publiques, soumis au ministre des Finances d’alors en décembre 2013, l’argent noir représente 75 pour cent de notre PIB. En d’autres termes, 120 000 milliards de roupies d’argent noir est généré chaque année. Même à une taxation de 25 pour cent, le gouvernement est en train de perdre 30 000 milliards de roupies d’impôt chaque année. Cette somme gigantesque serait plus que suffisante pour développer l’agriculture, investir dans le secteur manufacturier, et investir massivement dans la santé et l’éducation.

C’est donc cette économie noire qui non seulement retarde le développement de notre pays et du peuple, induisant des centaines de milliers de morts chaque année, mais aussi corrompt la morale d’une nation entière. Aucune amélioration sociale ne peut réussir tant que tout est embourbé dans la corruption. Notre ferveur nationaliste, pour commencer, doit être dirigée dans cette direction qui est, de blâmer publiquement les fonctionnaires corrompus, punir les grands délinquants et récupérer de l’ensemble d’entre eux les vastes sommes pillées. Ainsi, par exemple, au lieu de cibler Aamir Khan dont les films et émissions de télévision se préoccupent des problèmes nationaux, il faut se concentrer sur le Vijay Mallya, Lalit Modi-types qui auraient tondu notre pays de dizaines de milliards. Alors qu’Aamir Khan a seulement «réfléchi» à quitter l’Inde (en raison de l’islamophobie dont son épouse est victime NDT), Vijay Mallya, Lalit Modi etc. sont soupçonnés d’avoir déjà fui au Royaume-Uni, probablement en train de se vautrer dans le luxe vulgaire de l’argent. Pendant ce temps, 80 agriculteurs du Marathwada se sont suicidés en ce seul mois de février 2016. Un grand nombre de ces vies auraient pu être sauvées si les dépenses de seulement un jour sur leurs yachts cinq étoiles des Mallyas / Modis aurait pu être détourné à ceux à qui il appartient en réalité.

Alors, qui sont les véritables anti-nationaux ??

Source et avec images ici

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