Comité de Soutien à la Révolution en Inde


Meurtri mais pas brisé: la libération sous caution obtenue par le professeur de Delhi GN Saibaba est un coup de pouce pour tous les militants des droits by CSR Inde

Bruised but not broken: Bail for Delhi professor GN Saibaba is a boost for all rights activists

L’universitaire en fauteuil roulant a été un critique féroce des violations perpétrées lors de la répression des présumés maoïstes dans le Bastar

Lundi, Le juge Jagdish Singh Kehar a traité de Shylock (personnage de Shakespeare NDT) l’avocat représentant l’Etat du Maharashtra, alors qu’il tentait de convaincre la Cour suprême de refuser l’octroi d’une libération sous caution au professeur de l’Université de Delhi en fauteuil roulant, Gokarakonda Naga Saibaba. L’universitaire avait été arrêté en mai 2014 en vertu de la draconienne loi sur la Prévention des activités illicites  après que la police Gadchiroli a affirmé qu’il avait des liens avec les maoïstes et était « susceptible de se livrer à des activités anti-nationales ». Mais le tribunal était sceptique. « Voulez-vous extraire une livre de chair? » (réplique de Shylock qui exige une livre de chair pour rembourser son prêt NDT) demanda le juge.

Le tribunal a jugé l’argument de l’avocat comme étant «extrêmement injuste». Le tribunal a déclaré qu’en ayant à l’esprit la condition médicale de Saibaba, qui souffre maintenant de 90% d’invalidité après avoir été frappé par la polio dans son enfance, et le fait que tous les éléments matériels du procès ont été examinés, le gouvernement ne devrait pas s’opposer à la libération sous caution.

Alors que la nouvelle concernant la libération sous caution de Saibaba commençait à se répandre, Umar Khalid l’étudiant de l’Université Jawaharlal Nehru fut parmi les premiers à célébrer sur Facebook. Il avait lui-même été arrêté le 23 février sur des accusations de sédition après que des slogans prétendument anti-nationaux eurent été scandés lors d’une manifestation sur le campus en faveur de l’autonomie du Cachemire qu’il avait contribué à organiser. La jubilation de Khalid ne constitue pas une surprise. Après tout, le 18 mars, Sarah Fatima, sa sœur de 12 ans, dans un court discours prononcé suite à la libération sous caution de son frère et d’Anirban Bhattacharya, son co-accusé, avait exprimé devant des centaines d’étudiants l’espoir que Saibaba – une source d’inspiration pour de nombreux progressistes – sorte bientôt de prison.

La longue histoire de Saibaba en tant que combattant sur diverses questions relatives aux droits fait de lui une personne à surveiller des deux côtés des lignes de front idéologiques et politiques polarisées aujourd’hui. L’administration a déjà fait savoir qu’elle s’attend à ce qu’il participe à plus d’activités « anti-nationales». Les militants des droits humains, cependant, compte sur son départ de la prison centrale de Nagpur comme un renfort important pour les luttes dans les universités à travers le pays et dans les forêts de la riche ceinture minérale de l’Inde centrale et orientale.

État précaire

Saibaba est aujourd’hui un homme frêle à la santé précaire. Sa longue incarcération dans les cellules de haute sécurité de la prison de Nagpur a eu un coût considérable. Cela fait craindre qu’il ne soit plus en mesure d’apporter autant qu’il l’a fait auparavant. Je ne doute pas de cela.

J’ai eu l’occasion de rencontrer Saibaba au cours de sa période de liberté sous caution provisoire de six mois allant de juin à décembre 2015. Le Saibaba que j’ai rencontré alors était une ombre pâle de la personne que j’avais rencontré en avril 2014, juste avant son arrestation. Quatorze mois de la dure vie carcérale et le déni de soins médicaux de base l’avaient obligé à demander un traitement intensif à l’Indian Spinal Injuries Centre de Delhi. C’est là que je l’ai rencontré. Il souffrait de douleurs en permanence. Mais seulement quelques minutes après le début de notre rencontre, il est devenu clair pour moi que Saibaba était loin d’abandonner.

Il était alors dehors en raison d’une caution provisoire pour traitement médical. Elle a d’abord été accordée pour trois mois, puis prolongé de trois mois. Je lui ai dit que, compte tenu de sa santé, sa caution provisoire serait deviendrait certainement permanente. Il a refusé de se réconforter avec de telles attentes. Ainsi, lorsque le 23 décembre, 2015, le tribunal de Nagpur de la Haute Cour de Bombay a ordonné de façon inattendue que Saibaba retourne en prison dans les 48 heures, il était bien préparé. Il ne voulait pas d’appel frénétique devant la chambre de vacances de la Cour suprême. Il a opté pour la voie digne de retourner en prison tout en demandant une libération sous caution selon la procédure normale. Cela signifiait qu’il allait retourner pour une durée incertaine à nouveau dans la caserne Anda. Il a été libéré sous caution après trois mois et demi, mais il s’était mentalement préparé pour plus.

Au cours des audiences sur le cautionnement devant la Cour suprême, le tribunal avait offert à Saibaba la possibilité de ne pas apparaître physiquement à chaque audience, ce qui aurait pu lui épargner la douleur atroce du trajet de 340 km effectué dans la journée dans un véhicule de police pour chaque session du tribunal. Saibaba, cependant, n’a rien voulu de tout cela. Son avocat, SP Gadling dit qu’il a insisté pour être présent à chaque audience. Le procès a été son combat et ça ne lui ressemblait pas de le fuir.

Dès que Saibaba aura rejoint sa maison à Delhi, il devra très probablement séjourner à l’hôpital pour poursuivre son traitement, qui avait été cruellement interrompu par son retour en prison de décembre. Mais je ne pense pas que l’hôpital même l’empêche d’entrer dans la mêlée des nombreuses questions exigeantes qui doivent être abordées.

La crise du Bastar

L’écrasement de l’espace démocratique dans de district du Bastar au Chhattisgarh constitue une question cruciale. Il est largement admis que si Saibaba était ciblé par les accusations grotesques de la présente affaire, c’était en raison de sa vaste campagne contre la milice Salwa Judum et les violations des droits humains qui ont accompagné l’opération Opération Green Hunt contre les maoïstes qui a été lancée sous le précédent gouvernement du United Progressive Alliance.

Depuis octobre 2015, les quelques derniers mois ont été témoins d’une forte augmentation des violations des droits humains par les forces de sécurité contre les populations tribales du Bastar. Les journalistes ont fait part de viols collectifs et d’agressions sexuelles, de fausses encouters (exécutions déguisées en échanges de tirs NDT) ainsi que de redditions fausses et forcées. De nouveaux groupes d’autodéfense ont été lancés avec le soutien de l’Etat, qui a été à l’avant-garde de l’expulsion des journalistes et des avocats qui avaient fourni une aide juridique si nécessaire. Les journalistes qui ont insisté pour faire leur travail de reporting ont même été mis en prison.

Tout cela nécessite des campagnes déterminées pour faire connaître la vérité sur ces violations flagrantes des droits. Saibaba, même un Saibaba qui est physiquement beaucoup plus faible, peut apporter une voix forte dans ces campagnes. Il l’a fait avant et on peut espérer qu’il le fasse à nouveau. Sa voix permettra d’approfondir et d’enhardir davantage le cri d’azadi (liberté NDT). Cela aura des conséquences – une surveillance accrue par l’Etat, plus de difficultés, plus de douleur. Mais Saibaba n’a jamais reculé devant le bon combat.

Source

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[…] Le Comité note que la Cour suprême n’a pas mâché ses mots quand l’honorable juge a noté que l’opposition à la libération sous caution par l’État était injuste que la Cour avait catégoriquement annoncé que Saibaba serait libéré sous caution une fois que réalisée la condition fixée par la Cour dans son dernière audience au mois de Mars 2016, à savoir que tous les éléments matériels auront été examinés sur une base quotidienne durant un mois. Lors de l’audience d’aujourd’hui, l’avocat de l’Etat a soutenu que 8 autres témoignages formels devaient être examinés et que cela rendait nécessaire la garde de Saibaba jusque-là, et ils craignent qu’il se livre à des activités anti-nationales s’il est libéré. Rejetant tous les arguments présentés par l’avocat de la défense, le juge leur a demandé pourquoi ils voulaient torturer une personne comme ça. « Voulez-vous un livre de chair », a-t-il demandé (voir ici). […]

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