Comité de Soutien à la Révolution en Inde


Pourquoi l’Inde craint une grande crise financière by CSR Inde

L’Inde restera cette année l’économie la plus dynamique du monde avec une croissance de 7 à 7,7 %, si l’on en croit les prévisions du gouvernement indien dévoilées vendredi. Pourtant, lundi, en présentant son budget pour l’année fiscale 2016-2017, le ministre des Finances Arun Jaitley s’est gardé de tout triomphalisme. A l’entendre, cette croissance demeure fragile. « La croissance mondiale est tombée à 3,1 % en 2015. […] Dans ce contexte, nous devons rester prudents dans la gestion des recettes fiscales et miser sur la demande intérieure », a-t-il lancé.

Le budget 2016 réduira donc le déficit budgétaire de 3,9 à 3,5 %. Pour doper la consommation, le gouvernement concentrera ses dépenses sur un secteur agricole en pleine crise qui emploie la moitié des actifs. Cinq milliards d’euros seront débloqués pour financer des emplois aidés dans les zones rurales. S’y ajouteront 30 milliards d’euros pour développer les routes et les voies ferrées.

Reste que l’Inde demeure loin des 8 à 10 % de croissance auxquels le gouvernement aspirait l’an dernier. Car en plus de l’économie mondiale qui ralentit et freine les exportations indiennes, le pays fait face à un autre problème : la crise du secteur bancaire. En février, les banques ont publié, sur injonction de la banque centrale, le montant de leurs actifs douteux, prêts en retard ou effacés. La note est salée : 8 000 milliards de roupies (110 milliards d’euros) au 31 décembre 2015, soit 5 % du PIB. « D’autres créances douteuses apparaîtront au quatrième trimestre de l’exercice 2015-2016 qui clôture le 31 mars », prévient Kunal Kundu, économiste à la Société Générale à Bombay.

Banques laxistes

Deux secteurs sont responsables de cette dette. Il y a d’abord la métallurgie, en particulier l’acier, qui souffre du ralentissement économique chinois. Il y a ensuite les entreprises de travaux publics et du secteur énergétique.

Ces dernières années, les autorités ont multiplié les appels d’offre pour construire des infrastructures de transport et énergétiques. Elles ont sollicité le secteur privé, ont accordé de vastes chantiers à ceux qui promettaient de construire au meilleur prix. Certains projets ont été confiés à des groupes sans compétences techniques, qui ont obtenu des prêts sur la base de projections fantaisistes. Signe que les banques ont pêché par laxisme. La majorité sont des établissements publics. « Certains patrons utilisent leur réseau politique pour obtenir un prêt, explique Anil Padmanabhan, rédacteur en chef adjoint au quotidien économique « Mint ». Du coup, les banques ont approuvé des crédits à risque, parce que le pouvoir politique leur en avait donné l’ordre. »

Il y a deux ans, l’ancien gouverneur adjoint de la banque centrale, Kamalesh Chakrabarty, avait dénoncé la« complaisance des banques à l’égard de leurs emprunteurs qui obtiennent des prêts sans apport personnel. Ces débiteurs ne financent pas eux-mêmes les investissements qu’ils réalisent. Donc, ils se fichent de savoir si le projet sera mené à bien ou pas. » Pour Kunal Kundu, cette mauvaise gouvernance est le cœur du problème. « Il y a un véritable copinage entre les banques publiques et les débiteurs, si bien que parfois, certains banquiers ferment les yeux en échange d’un pot-de-vin. »

L’Etat au secours des banques

Pour renflouer le secteur bancaire, le pouvoir central injectera 10 milliards d’euros d’ici mars 2019. A charge pour les banques de recouvrer leurs créances et de lever des fonds. Mais les analystes craignent que l’Etat doive intervenir davantage. Certains estiment surtout que, plus qu’une recapitalisation, c’est une réforme de la gouvernance qui doit être mise en œuvre. « Le pouvoir public doit renforcer l’indépendance des banques à l’égard des débiteurs, estime Kunal Kundu. Hélas, nous n’en prenons pas le chemin puisque les banques hésitent à publier le nom des entreprises qui ont fait défaut. »

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