Comité de Soutien à la Révolution en Inde


Est-ce que l’attaque contre Soni Sori fait partie d’un vaste plan pour le Bastar? by CSR Inde

Soni Sori. Credit: Beijing +20 WHRD CampaignEn même temps que les journalistes, universitaires, avocats et militants politiques qui attestent de la tragédie qui se déroule dans le Chhattisgarh sont systématiquement chassés de la région, les craintes de qui est réservé pour les adivasis du Bastar grandissent.

Un climat de terreur règne au Bastar dans le Chhattisgarh. Chaque nouvelle du terrain est glaçante et nous rappelle que l’administration est clairement contre ceux qui tentent de faire revivre le cadavre de la démocratie dans cette région. Sur le terrain, quatre développements récents mettent en évidence la façon dont le gouvernement de l’État a l’intention d’expulser l’espoir hors de la région.

Dans la soirée du 20 février, Soni Sori, la militante Adivasi et leader du parti Aam Aadmi a été attaquée par des assaillants inconnus près de Kodinar dans le Bastar. Trois hommes ont arrêtés de force son véhicule sur la route et jeté une substance noire sur son visage, provoquant une brûlure intense et douloureuse. Elle a été emmenée à l’hôpital Geedam et plus tard à l’hôpital Jagdalpur.

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La leader de l’AAP Soni Sori, soignée à l’hôpital après que des assaillants non identifiés ont jeté une substance noire inconnue sur son visage.

Sori avait reçu des menaces continues en raison de son travail en faveur des droits des Adivasis.

Au cours des derniers mois, plusieurs tentatives ont été faites pour la terroriser. Elle a été harcelée par la foule. Sa maison a été pillée. On lui a envoyé des menaces de mort. Ce samedi, la police lui a demandé de quitter sa maison sous prétexte que le titre d’occupation de sa maison était défectueux. Cela a été fait, même si aucune maison dans la région n’a reçu d’autorisation de l’Etat.

Avocats expulsés

Cette attaque sur Soni intervient juste après l’expulsion forcée du groupe d’aide juridique Jagdalpur.

Le groupe d’aide juridique Jagdalpur, connu sous le nom « JagLAG », a vu le jour en Juillet 2013 pour faire de la recherche juridique et fournir une aide juridique au peuple des districts du Bastar, Dantewada, Kanker, Sukma et Bijapur dans le Chattisgarh qui sont régulièrement confrontés à des emprisonnements arbitraires et à de fausses accusations à la suite des opérations de contre-insurrection menées par l’Etat. Depuis lors, ils ont pu offrir de l’aide juridique – un droit fondamental garanti par la Constitution de l’Inde, à des centaines de tribaux de la région. En raison de leur travail persistant en tant qu’avocats du peuple, ils ont réussi à intervenir en cas de violations flagrantes des droits de l’homme et ainsi assurer l’acquittement et la libération d’un grand nombre. Cependant cela a aussi eu pour résultat que l’administration de l’Etat les a vilipendés comme des «partisans maoïstes».

The Jagdalpur Legal Aid Group at work, from left to right: Guneet Kaur, Isha Khandelwal, Shalini Gera, and Parijatha Bhardwaj. Credit: Manish

Un récent appel urgent lancé par JagLAG le 18 Février, 2016, mentionne comment l’administration de la police à Jagdalpur a fait pression sur le propriétaire du bureau du groupe en vue d’expulser les avocats. Le propriétaire, qui est chauffeur de profession, a été emmené au poste de police local et sa voiture a été mise en fourrière. Ramené par la police, il a informé les avocats qu’il n’avait d’autre choix que de leur demander de quitter les lieux et le bureau sous une semaine.

Jeudi, le groupe d’aide juridique a publié une déclaration qui dit: «Tous ceux qui contestent la version officielle sont réduits au silence. Des mobilisations sociales sont orchestrées par la police afin de fournir une couverture à leur harcèlement illégal des journalistes, des avocats, des militants … Incapable de nous empêcher de poursuivre notre travail ici, la police a eu recours à des menaces envers d’autres associés ».

Cette intimidation des avocats par l’État les empêche d’exercer leur rôle et équivaut à entraver l’administration de la justice.

Sans endroit pour travailler, le groupe a quitté Jagdalpur hier.

Universitaire ciblée

En dehors de Soni Sori et de JagLAG, Bela Bhatia, la savant renommée, est également confrontée à la pression visant à lui faire plier bagages et à partir. Docteur de l’Université de Cambridge, Bhatia vit dans le Bastar, où elle travaille pour les droits des femmes adivasies. Elle a contribué à ce que soit déposée la première plainte pour violence sexuelle contre un personnel de sécurité dans Bastar. Dans le cadre d’une équipe de femmes des Femmes contre la Violence Sexuelle et la répression de l’Etat (WSS), elle est co-auteur d’un récent rapport sur le pillage et les violences sexuelles par les forces de sécurité à Bijapur, dans le sud du Chhattisgarh.

Maintenant, la pression exercée sur Bhatia afin de lui faire quitter Jagdalpur monte. Elle a été menacée et soumise à des slogans d’un groupe anti-maoïste autoproclamé appelé Samajik Ekta Manch. Elle a approché divers représentants de l’administration locale qui, tout en reconnaissant que la persécution était mauvaise n’a pas donné la moindre assurance de mettre fin à cela.

Journaliste chassée

L’éviction de JagLAG et la pression sur Bela Bhatia sont effroyablement similaires à l’éviction de Malini Subramaniam.

Ancienne chef de la Croix-Rouge internationale dans le Chhattisgarh, Malini Subramaniam est une journaliste qui écrit sur la région pour Scroll.in. Dans ses nombreux articles, elle a rapporté les violations des droits de l’homme, y compris des manifestations tribales contre les atrocités de la police, les allégations de violences sexuelles commises par les forces de sécurité et les fausses rencontres (« encounter » exécution déguisée en fusillade) dans le Bastar.

Le 7 février, elle a été avertie par le Samajik Ekta Manch, de ne pas ternir l’image de la police. Ils ont manifesté devant sa maison, criant des slogans comme « mort aux soutiens des Naxalites !» et des slogans nationalistes Hindous. La même nuit, des inconnus ont jeté des pierres sur sa maison et brisé la lunette arrière de sa voiture.

La police a pris deux jours pour enregistrer sa plainte. Les voisins qui ont soutenu les allégations de Subramaniam ont été menacés. Un éditeur de Scroll.in a rencontré Raman Singh, le ministre en chef de l’état CM et lui a demandé d’intervenir. Suite à cela, SRP Kalluri, l’inspecteur général de la police du Bastar, et RN Dash, le surintendant de police du district, ont visité la maison de Malini et lui ont donné leur assurance que l’enquête serait juste et sa famille serait en sécurité. Ils lui ont dit qu’elle pouvait continuer son travail sans aucune crainte.

Toutefois, SEM a continué à manifester contre elle. Son propriétaire a été convoqué de Raipur à Jagdalpur par la police. Son aide domestique a été soumis à plusieurs heures d’interrogatoire. Un jour plus tard, elle a reçu un avis d’expulsion de son propriétaire. Le soir, la SEM a manifesté devant la maison de son avocat. Craignant pour sa sécurité, elle a quitté Jagdalpur.

Tableau d’ensemble

Ces attaques contre les journalistes, le Groupe Jagdalpur d’Aide juridique, Bela Bhatia et maintenant Soni Sori signifient une chose – la petite fenêtre dont disposait le Bastar pour communiquer avec le monde, pour se faire entendre, s’est refermée brutalement. Avant cela, l’administration a également mis la pression sur le Parti communiste de l’Inde et ses dirigeants et militants. La fameuse Salwa Judum, qui a été interdite par la Cour suprême suite à un PIL (litige d’intérêt publique), est en train de renaître à l’identique sauf le nom. Il est donc clair que ce dont nous sommes les témoins ne sont pas des incidents de violence aveugle, mais un plus grand, plan bien pensé pour réduire au silence la population Adivasi de la région.

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