Comité de Soutien à la Révolution en Inde


le professeur Saibaba emprisonné écrit au juge « Je vais perdre mon bras s’il n’est pas soigné! » by CSR Inde

I'll Lose My Hand If Not Treated, Jailed Professor Saibaba Writes To Judge

Le Professeur GN Saibaba, qui a été renvoyé en prison le 25 Décembre, suite à la décision de la Haute Cour de Bombay d’annuler sa libération sous caution, a envoyé une lettre manuscrite de quatre pages au juge principal du district de Gadchiroli demandant un traitement et le respect de ses besoins alimentaires car sa santé se détériore rapidement.

Le fauteuil roulant Saibaba, qui est à 90% handicapé, a été arrêté à Delhi en mai 2014 par la police du Maharashtra. Le professeur d’anglais de l’Université de Delhi a été libéré sous caution pour raisons médicales, mais le 23 décembre elle a été annulée.

Sa lettre, datée du 5 Janvier dit: « Je souffre de plusieurs maux graves et prenais un traitement régulier à l’Indian Spinal Injuries Centre (ISIC) de New Delhi, pour mon épaule gauche, qui a été sérieusement endommagée en prison ».

Les examens passés d’abord au Central India Institute Of Medical Science de, Nagpur et plus tard à l’hôpital Fortis et à l’ISIC ont établi que trois muscles liés à son épaule gauche et le système nerveux ont été endommagés, menaçant de rendre son bras gauche inutile.

« Je faisais en permanence de la physiothérapie, de l’ergothérapie, de l’hydrothérapie et de la thérapie électro-magnétique impliquant divers instruments et dispositifs », dit Saibaba dans sa lettre. « Mon incarcération actuelle a complètement arrêté ce traitement, cela est complètement nuisible pour mon bras gauche. Comme je suis handicapé à 90% à cause de la poliomyélite, mes deux jambes ne fonctionnent pas. Je ne peux pas me tenir debout, ni marcher et je suis totalement confiné à un fauteuil roulant. Si je ne reçois pas un traitement pour mon bras gauche endommagée, je vais devoir vivre avec un seul bras, ce qui va transformer ma vie en une impossible besogne ».

Saibaba a demandé au juge de donner des ordres nécessaires avec effet immédiat afin de l’envoyer en traitement de telle sorte que « la mise en danger de sa vie soit suspendue. »

Il a également demandé quelques facilités minimales jusqu’à ce qu’il soit déplacé vers un hôpital, y compris cinq assistants pour l’aider dans ses tâches quotidiennes.

Saibaba souffre d’une grave affection cardiaque et a souffert de pertes de connaissance durant la période de 14 mois, où il était dans cette prison. Les parois de son cœur se sont épaissies, rendant son cœur moins souple pour pomper le sang.

Dans ce contexte, il a demandé des contrôles réguliers de sa pression artérielle en attendant d’être déplacé vers un hôpital. Il a aussi des problèmes avec son rein, ses voies urinaires, sa vésicule biliaire et ses intestins, ce qui ne lui permet pas de manger la nourriture de la prison.

Parmi les choses qu’il a demandées :

  1. des visites avec mes avocats, amis et parents à l’intérieur de la prison et non pas aux grilles en fer vu que, de mon fauteuil roulant, je ne peux pas approcher de la grille et parler à quiconque.
  1. Cinq aides agissant à tour de rôle afin de prendre soin de moi pour aller aux toilettes, prendre un bain, manger, laver mes vêtements et en fait pour me permettre de faire toute la routine quotidienne que je ne peux pas faire de moi-même.
  1. de me fournir des fruits, des fruits secs et d’autres aliments. Pour continuer avec 440 ml de lait, du pain, des œufs et des lentilles sans épices, de la poudre de piment, etc.
  1. Comme mes muscles sont endommagés, j’ai besoin d’eau chaude pour passer des compresses chaudes et aussi pour prendre un bain. Veuillez donc demander également cela aux autorités de la prison ».

Des salles de classe à la prison

L’état de Maharashtra, dont la police a arrêté Saibaba l’après-midi du 9 mai 2014 sur le campus de l’Université, a inculpé le militant des droits civiques en vertu de la loi de prévention des activités criminelles (UAPA) en raison de liens présumés avec les maoïstes.

Quand il a été arrêté la première fois, Saibaba a été transporté à Aheri, dans le district de Gadchiroli au Maharashtra, et finalement à la prison centrale de Nagpur où il a été incarcéré jusqu’à juin 2015, quand il a réussi à obtenir une libération sous caution provisoire pour soins médicaux. Lorsque le procès a commencé le 27 octobre 2015, à Gadchiroli, tous ses co-accusés ont obtenu une liberté sous caution, sauf Saibaba.

L’ordre de libération sous caution a été annulé le 23 décembre 2015 et le 25 décembre, quand ses voisins fêtaient Noël et étaient dans les préparatifs de la fête de fin d’année, Saibaba et son frère sont montés à bord d’un vol – billets achetés au dernier moment à un prix exorbitant – à destination de Nagpur.

« Ne perdez pas espoir, je me suis battu pour les pauvres, je n’ai rien fait de mal », furent ses dernières paroles à l’intention de son épouse Vasantha, qui tenait fermement la main de son mari. Quatre heures plus tard, Saibaba était de retour dans la cellule Anda, une enceinte en forme d’œuf avec peu de lumière et d’air, des feuilles vierges, un stylo en plastique, des livres sur la poésie et les droits civils et les fardeaux des détenus enchaînés dans des cellules voisines, surveillés par des gardiens de prison vulgaires.

À la maison, Vasantha et sa fille sont pris en charge par les membres d’un comité de défense mis en place par les amis, des professeurs, des avocats et des militants des droits civiques. Ils vivent de repas frugaux, parce que le salaire mensuel de R62,000 de Saibaba a été réduit de moitié par son collège selon les instructions des autorités universitaires, qui ont expulsé sa famille du campus après l’intervention de la police au mois de mai 2014.

« Son travail dans la société civile posait des problèmes aux dirigeants », dit Vasantha. « Il était un homme marqué, un homme causant des ennuis à l’Etat pour sa participation active à la mise en lumière de l’Opération Greenhunt (en vertu de laquelle des forces paramilitaires ont été envoyées dans les jungles du Chhattisgarh, d’Orissa Andhra et du Maharashtra pour combattre les maoïstes et que les critiques dénoncent comme un stratagème gouvernemental destiné à défricher des terres tribales pour favoriser l’exploitation minière) qui a causé des dommages à la réputation de gouvernement indien et à sa capacité à attirer des investisseurs étrangers », dit Vasantha, assise à une table à côté d’une petite cuisine dans la maison de la famille louée.

Debout à côté d’elle, la fille du couple, une étudiante en deuxième année d’anglais, dit qu’elle est fière de son père, et lui a écrit deux lettres pour lui donner du courage et l’aider. La mère de Saibaba, une frêle femme âgée de 70 ans, sort de la cuisine, tenant sa belle-fille et sa petite-fille. Elle déclare en mauvais Telugu: « Personne ne peut tuer mon fils, il a la bénédiction des Dieux ».

« Mon père est mon héros, il s’est rangé aux côtés des pauvres et a combattu les riches qui ont transformé les populations tribales en sans-abri. Il est mon inspiration», dit sa fille.

Mais le gouvernement du Maharashtra dit qu’il a un dossier solide contre Saibaba qui, dit-il, était en contact régulier avec les guérilleros, il se plaignait même qu’il ne recevait pas assez de travail pour lutter contre l’état.

« C’est est un cas grave de violation des droits humains, il a un dossier solide. La liberté sous caution lui a été refusée alors qu’il était soigné dans un hôpital (pour les traumatismes nerveux). Nous avons un dossier solide », explique Prashant Bhushan, l’un des plus grands avocats de l’Inde qui, avec Kamini Jaiswal, un autre avocat et militant des droits humains, ont offert de plaider sa cause.

La famille reçoit à la fois un soutien juridique et moral de Rebecca John, l’avocate intrépide connu pour traiter certains des cas les plus sensibles de l’Inde, y compris celui de la famille Talwar dont la fille, Arushi, a été retrouvée assassinée.

Les amis de Saibaba tentent aussi ardemment de créer une prise de conscience à l’échelle nationale. Il y a une campagne en ligne sur Facebook et un compte Twitter mis en ligne par le Comité justice pour Saibaba. Mais c’est encore très faible dans le labyrinthe des plus de 350 chaînes d’information de l’Inde et leurs stupéfiants flashes infos.

« Nous essayons, nous essayons ardemment. Un professeur est censé être au courant des maux de la société et les mettre en évidence à ses étudiants et aux autres. Voilà ce que Saibaba a fait. Comment peut-il être un ennemi de l’Etat? » demande Hany Babu, un professeur d’anglais et camarade de classe de Saibaba.

Rakesh Ranjan, un autre professeur et sympathisant, déclare que garder Saibaba en prison envoie un mauvais message à travers l’Inde. « Cela signifie une mort de la dissidence, qui est mauvaise pour toute démocratie.

Saibaba est handicapé à 90%, il est professeur, pas une menace pour la société. Il doit être traité avec honneur. »

Le comité envisage maintenant de rencontrer le président Pranab Mukherjee, Rajnath Singh, le ministre de l’Intérieur. Du soutien est venu des CPM, SJP et BSP, même du Trinamool Congress.

Mais un haut responsable du ministère de l’Intérieur a déclaré que le mouvement pourrait être juste une goutte d’eau dans un océan parce que sur les questions relatives à la sécurité nationale (dans ce cas, les rebelles maoïstes), les politiciens bougent rarement à moins qu’il y ait un tollé mondial (comme cela est arrivé dans le cas du Dr Binayak Sen (lire 1, 2, 3, 4, 5 et 6).

« Personne ne bougera, il s’agit du combat de l’état contre les perturbateurs du système », a déclaré le responsable, sous couvert d’anonymat.

Dans la lointaine prison de Nagpur, Saibaba vit dans l’espérance. Ses 14 premiers mois passés en prison étaient comme la vie en enfer, il a été et sorti de sa cellule par des gardiens et traîné par les mains, rompant ses nerfs allant du cou à l’épaule gauche et rendant son bras gauche immobile. Sera-t-il en mesure de sauver ce bras? La balle est maintenant dans le camp du principal juge de Gadchiroli.

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