Comité de Soutien à la Révolution en Inde


Être musulman(s) dans l’Inde de Narendra Modi : la vie de ghetto, entre domination et résistance by CSR Inde

 Sarkhei Road, axe à quatre voies traversant le ghetto de Juhapara, municipalité d’Ahmedabad, Gujarat, Inde, mai 2015

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Cet article se fonde sur des enquêtes ethnographiques longues menées à Ahmedabad, et principalement Juhapura, entre 2009 et 2014, dans le cadre d’un doctorat en science politique. Toutes les citations sont extraites d’entretiens conduits au cours de cette période.

 

Le 26 mai prochain marquera la fin de la première année de mandature exercée par le nationaliste hindou Narendra Modi à la tête du gouvernement indien. A l’occasion de cet anniversaire, cet article se propose de revenir sur la situation de la minorité musulmane dans un pays gouverné par le Bharatyia Janata Party (Parti du peuple indien, BJP), formation politique nationaliste hindoue dont l’idéologie repose sur l’hindutva, soit l’« hindouité » supposée de l’Inde, aux dépens des autres minorités ethniques composant le pays [1] – notamment les 14% de musulmans et les 3% de chrétiens. Depuis un an, l’élection de Narendra Modi s’est traduite par des menaces accrues sur la liberté et les pratiques religieuses des minorités non hindoues, au premier rang desquelles les quelque 145 millions de musulmans indiens [2]. Cette situation est partagée par l’ensemble de la minorité dans le pays, avec des spécificités selon le contexte local. Pour cette raison, cet article traite du cas singulier des musulmans du Gujarat. Il propose une plongée dans le ghetto musulman de Juhapura, situé à sept kilomètres du centre-ville d’Ahmedabad, la capitale économique de l’État.[3] En effet, à plusieurs égards, regarder ce qui se passe à Juhapura, c’est comme poser une loupe sur la situation actuelle des musulmans indiens du Nord.

Tout d’abord, le Gujarat est l’État dans lequel Narendra Modi a bâti sa carrière politique, et dont il a vanté les résultats économiques au cours de la campagne électorale de 2014 comme gage de sa bonne gouvernance. C’est également l’État dans lequel ont eu lieu les pogroms anti-musulmans de 2002 dont Narendra Modi est considéré comme l’instigateur, quoiqu’il ait toujours été innocenté par la justice [4]. On parle ici de pogroms et non d’émeutes car les attaquants étaient exclusivement hindous et soutenus par la puissance publique, face à des victimes uniquement musulmanes. Les modalités de ces violences sont également à rapprocher des massacres de population, en ce qu’ils témoignent d’une volonté de tuer le corps physique et le corps symbolique de la minorité [5]. Selon les estimations des ONG, les pogroms ont fait deux mille morts, dont mille dans la seule ville d’Ahmedabad, et 150 000 déplacés internes. Les violences de 2002 constituent donc l’attaque la plus violente qu’aient connue les musulmans indiens dans leur pays, qu’il s’agisse du nombre de victimes comme des modalités d’assassinat.

Le ghetto ou l’exercice de la domination « au quotidien »

L’une des conséquences à moyen terme de ces violences a été la formation d’un ghetto à Juhapura. Avant 2002, la localité est un simple quartier musulman économiquement défavorisé d’environ 50 000 habitants. Mais le pogrom transforme cet espace en y entrainant l’afflux massif de musulmans cherchant un entre-soi ethnique perçu comme protecteur. C’est particulièrement vrai des classes musulmanes supérieures, qui, pour la première fois, ont été victimes elles aussi des violences, alors qu’elles étaient épargnées jusque-là. Leur arrivée transforme la localité en ghetto. Ce dernier se distingue du simple quartier ethnique par quatre caractéristiques résumées ici : la contrainte d’installation, le confinement, le stigmate identitaire consubstantiel et la duplication des institutions par des acteurs privés, en l’absence de présence publique [6]. Le ghetto ne se caractérise donc pas tant par la dégradation de son habitat, tel que le sens commun l’entend souvent, que par ces quatre dispositions qu’accompagnent, entre autres, l’hétérogénéité économique et l’homogénéité ethnique. Si les quartiers musulmans sont nombreux en Inde, Juhapura semble donc être, à ce jour, le seul ghetto musulman du sous-continent. En 2015, on estime qu’il compte près de 500 000 habitants [7].

Les dispositions strictement définies de l’espace qualifiant Juhapura de ghetto constituent autant d’actes de domination de la part des autorités de l’État à l’encontre des habitants (musulmans donc) de la localité. Instaurant cette relation de pouvoir par le truchement de l’habitat, le ghetto devient ainsi un dispositif spatialisé de pouvoir. Il exerce une domination « au quotidien » sur les habitants et, partant, est une modalité de gouvernance de la minorité musulmane d’Ahmedabad mobilisée par le gouvernement (local) Modi de 2002 à 2014, et désormais par celui d’Anandiben Patel. Concrètement, les conditions de vie des habitants de Juhapura, et leurs difficultés d’accès à une citoyenneté effective les amènent à se considérer comme des « citoyens de seconde zone ». La domination qu’y exercent les autorités est aussi protéiforme que pernicieuse. Elle s’infiltre dans le quotidien des habitants et touche à tous les aspects de leur vie. Partant, elle pourrait être rapprochée, quoiqu’avec précaution, d’une forme d’ethnicisation de la citoyenneté indienne. Si formellement, les citoyens musulmans disposent des mêmes droits que leurs compatriotes hindous, à Ahmedabad et encore plus à Juhapura, leur ethnicité les disqualifie d’une citoyenneté effective.

Chaque caractéristique du ghetto constitue une modalité de cette domination. La première a été, en creux de la formation du ghetto, la purification des territoires urbains d’Ahmedabad de leur présence musulmane, et la mise en place d’un entre-soi ethnique, auquel se superpose l’entre-soi économique pour les hindous. Cette modalité de gouvernance repose sur la contrainte d’installation dans le ghetto. Beaucoup d’habitants évoquent leur souhait de vivre dans d’autres quartiers de la ville mais leur impossibilité de le faire sans mettre leur vie en danger « en cas de problème » ; la seconde modalité de gouvernance de la minorité et stratégie de domination consiste à confiner les habitants de Juhapura, qui ne peuvent étendre leur localité. En effet, à l’est, le ghetto est ceint par un carrefour extrêmement fréquenté, et séparé des habitations hindoues voisines par des no man’s lands ou des « frontières » [borders]. Barbelés et fossés ont été mis en place après 2002 pour séparer les hindous des musulmans. Au nord, Juhapura est encadré par des immeubles construits par les autorités et achevés en 2013 : ce sont les logements des fonctionnaires de police de la ville. Au sud, ce sont les stations de traitement des eaux usées qui enserrent le ghetto, en plus de polluer les sols en profondeur et d’apporter leur lot de maladies, étant construites à distance non réglementaire des habitations. Enfin, à l’ouest, Juhapura s’ouvre sur un axe routier à quatre voies qui la traverse, menant vers la région du Saurashtra.

La domination au quotidien des habitants se traduit également par l’absence des infrastructures et services publics présents dans d’autres quartiers d’Ahmedabad. A Juhapura, il n’y a pas d’éclairage public, pas de jardins ou de parcs publics, pas de routes goudronnées si ce n’est la quatre-voies traversant le ghetto ; il faut s’imaginer notamment la poussière venue du Saurashtra et avec laquelle les habitants vivent en permanence, en l’absence de routes asphaltées. Les habitants y sont tous victimes de ce que les médecins appellent la « Juhapura cough » (« la toux de Jahapura »), liée à la poussière. Des problèmes beaucoup plus sérieux sont liés à l’eau livrée chaque jour mais presqu’impropre à la consommation. Les médecins interrogés font état des nombreuses maladies respiratoires et digestives liées à ce problème, ainsi qu’à l’infiltration des produits toxiques dans les sols, via les stations d’épuration. On ne trouve pas non plus d’hôpitaux publics, et les quatre écoles publiques ne couvrent qu’à peine 10% des besoins éducatifs des habitants du ghetto. Ces derniers évoquent aussi le « harcèlement » administratif dont ils sont victimes de la part des forces de police, seule représentante de la puissance publique visiblement implantée dans le ghetto. On y est fréquemment témoin d’arrestations arbitraires, notamment à l’encontre des jeunes hommes, ou de fréquents contrôles de véhicules, a fortiori à l’approche de l’Eid – pour y trouver de la viande illégalement introduite dans le ghetto.

Les canaux de la résistance : « self-help » et regard porté vers le Golfe

Face à ces stratégies de domination, les habitants du ghetto ont mis en place des tactiques de résistance [8]. Elles sont toutes le fruit d’initiatives d’acteurs privés (le « self help ») et n’empruntent guère la voie politique militante, considérée comme inefficace [9]. Le principal canal de cette résistance est le « business ». La sphère économique est désormais perçue comme la matrice intégratrice à la société majoritaire pour les musulmans de Juhapura, et leur apparaît comme le meilleur rempart contre les violences. En analysant leur discours, deux raisons semblent expliquer cette perception, chacune adossée au souvenir des pogroms de 2002, qui, dès lors, apparaissent bien comme un événement au sens plein du terme, c’est-à-dire une rupture. Économiquement intégrés, participant à l’enrichissement national, les musulmans se perçoivent comme « utiles » à la société indienne, et notamment à leurs partenaires hindous ; les uns et les autres étant liés par une relation d’interdépendance économique. Il n’y aurait donc aucun intérêt à les éliminer. La seconde raison est liée au fait qu’en cas de répétition des violences, l’aisance économique permettra au moins de faire face, qui à une cessation temporaire d’activités, qui à une réinstallation forcée, etc.

Pour les habitants de Juhapura, le salut passe donc par eux-mêmes ; comme ils aiment désormais le dire, « we are self-made angels ». De fait, l’absence d’infrastructures publiques a été palliée par des initiatives privées ; le développement de Juhapura étant ainsi le fruit d’une privatisation de l’action publique. Ces actions ont été conduites par les musulmans aisés de jamaats [10] supérieures arrivées à Juhapura conséquemment au pogrom. Notamment par le biais du zakat [11], ils financent deux hôpitaux, des dispensaires, des écoles, des bibliothèques, des cours de soutien et/ou de formation aux examens de la fonction publique, etc. L’éducation est au cœur des préoccupations des habitants de Juhapura, toutes jamaats confondues. Elle est directement liée à l’impératif d’intégration économique déjà évoqué. Par-delà l’instruction en elle-même, l’éducation est vue comme le moyen d’accéder à un emploi stable ou rémunérateur et partant, le tremplin vers une bonne intégration économique. Les filles et les femmes font l’objet d’un effort éducatif particulier, ce qui, de l’aveu même des enquêtés (hommes ou femmes) est inédit. Il est également intéressant de noter qu’outre l’entreprenariat et/ou le commerce, occupations plus ou moins traditionnelles des musulmans gujaratis, de plus en plus nombreux sont ceux qui évoquent l’importance de trouver des emplois publics, plus stables et rémunérateurs, auxquels les musulmans ont traditionnellement moins accès. Parallèlement à l’aménagement de la localité, les habitants ont également fait ouvrir des antennes locales des banques indiennes, entrainé la multiplication des commerces, ou encore équipé leur propre society (résidence) en y asphaltant les chemins, apportant l’eau, l’électricité, etc.

Dans le sillage du discours sur l’importance de l’intégration économique, depuis 2013, les références à la culture dite « du Golfe » se multiplient dans Juhapura. Ceci est également une conséquence à long terme des pogroms car la paralysie de l’économie locale en 2002 a poussé les entrepreneurs musulmans à rechercher d’autres marchés, au premier rang desquels, les pays du Golfe. Les acteurs évoquent notamment Doha et Dubaï, qui apparaissent comme les villes les plus attractives pour les migrants ; l’Arabie saoudite est également mentionnée pour son caractère musulman (« Islamic credentials ») mais le racisme dont y sont victimes les migrants sud-asiatiques est souvent évoqué pour expliquer la préférence pour d’autres destinations. Enfin, Oman fait l’objet d’une représentation particulière dans les discours, en raison des liens historiques avec le sultanat. Les habitants évoquent leur attrait et leur admiration croissants pour les pays du Golfe, autant pour les perspectives économiques envisageables là-bas, que pour « l’ambiance musulmane » de ces pays. Les flux économiques entre les entrepreneurs de Juhapura et les pays du Golfe se multiplient, permettant aux premiers de réaliser là-bas les profits qu’ils ne peuvent faire directement sur place, pour les réinjecter ensuite dans le ghetto. Les ensembles résidentiels de luxe, construits avec l’argent gagné dans le Golfe et sur le modèle de ce qui s’y voit, se multiplient. Ils alimentent en cela l’augmentation des prix des logements dans le ghetto. Mais l’attrait pour le Golfe dépasse la seule sphère économique : des éléments culturels sont également présents dans le ghetto, comme le traduisent les noms de l’ensemble résidentiel « al-Bhurooj » ou du restaurant Aladdin. L’intégration économique par le Golfe de certains habitants de Juhapura s’accompagne ainsi d’une revalorisation identitaire qui résiste au stigmate consubstantiel à la forme ghetto. Partant, et bien que cette observation doive être prise avec mesure, le regard porté vers le Golfe apparaît, pour le moment, comme une dynamique transnationale permettant une meilleure intégration des acteurs au contexte local. Les entrepreneurs aisés de Juhapura ont été courtisés par Modi comme ils le sont aujourd’hui par A. Patel. Certains entrepreneurs basés à Juhapura font ainsi le relais entre la minorité et les autorités, facilitant la venue des entreprises du Golfe au Vibrant Gujarat Summit ou lors du Business Conclave de février 2014, destiné spécialement aux entrepreneurs musulmans du Gujarat. Le pont vers le Golfe ne doit donc pas être compris comme une fascination mimétique conduisant, par exemple, à la wahhabisation des pratiques religieuses locales. Au contraire, en creux du désir d’ailleurs, ce regard porté vers le Golfe semble permettre aux habitants (qui participent à ces migrations) d’acquérir une certaine reconnaissance, et revalorise ainsi leur identité individuelle, leur « utilité » (économique notamment) à la société locale, et donc leur intégration.

Ethnicisation et intégration économique : une citoyenneté questionnée

La question soulevée par ce mode de gouvernance et les effets qu’il induit est celle de la désagrégation progressive des solidarités intra-ethniques à Ahmedabad, après l’éclatement de celles inter-ethniques en 2002. En adossant leur salut à leur seule situation individuelle, et notamment économique, et en se détachant en cela de tout recours à la puissance publique, les musulmans s’alignent sur l’un des éléments du récit national proposé par Narendra Modi, pour qui la croissance économique éclipse tout autre enjeu sociétal. De plus, ils contribuent à creuser le fossé de plus en plus marqué dans la société indienne entre une partie de la population qui reste en marge du projet proposé par Modi, et les catégories qui y prennent part de plain-pied. De ce point de vue, les options posées aux musulmans de Juhapura ne diffèrent pas beaucoup de celles qui s’offrent à l’ensemble de la population indienne. Néanmoins, différence de taille, l’intégration économique n’est pas d’abord envisagée comme le moyen de satisfaire des besoins d’enrichissement personnel, mais comme, en réalité, l’assurance de rester en vie. Ce point interroge donc les fondements mêmes de l’État indien et la question de la citoyenneté déjà évoquée ci-dessus entre ethnicisation de celle-ci, et la survalorisation de l’intégration économique aux dépens des droits formels censés être garantis par le fait d’être citoyen indien.

En outre, notons que pour les musulmans issus des jamaats les plus défavorisées, la non-intégration est désormais double : économique et ethnique. Dès lors, la question des musulmans les plus défavorisés se pose à nouveau avec acuité, en plus de celle de l’efficacité réelle de cette intégration économique contre les violences. Pour les plus pauvres, victimes d’une exclusion ethnique et économique, quel est leur avenir dans l’Inde de Modi ? Quelles sont les perspectives pour les jeunes non éduqués et de plus en plus en marge, y compris au sein du ghetto naguère protecteur ? Certes, les organisations religieuses sont là pour aider cette clientèle captive, mais cette aide est fondée sur la charité, et ne permet pas le développement humain. De plus, celle-ci est bien souvent assortie de la recommandation expresse d’adopter la pratique de l’islam des associations bienfaitrices, beaucoup plus rigoriste.

 

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This paper is part of the Noria South Asia Program. Created in September 2014, the Program aims at connecting young scholars interested in South Asia from different disciplines. With the view of creating synergies, it proposes a platform where the multiple academic boundaries that split this research area can be challenged and possibly overcome. Its broad objectives are to foster academic collaboration and to offer high-quality and trans-disciplinary expertise on South Asia through research projects, conferences and publications (the South Asia Papers). In direct line with Noria’s general approach, the South Asia Office’s spirit is anchored in the three fundamental principles of intellectual independence, scientific rigor, and linguistic and field expertise.


[1] Pour les nationalistes hindous, l’Inde est conçue comme essentiellement hindoue. Ceci dépasse la seule pratique de la religion, pour y inclure des pratiques quotidiennes telles que le végétarisme. Les minorités religieuses chrétiennes et musulmanes sont, quant à elles, pensées comme adossées à d’autres pays. Elles doivent donc quitter l’Inde, se convertir à l’hindouisme ou restreindre leurs pratiques religieuses à la sphère strictement privée.

[2] Réécriture des manuels d’histoire aux dépens des Moghols, campagne « Ghar Wapsi » (Retour à la maison) de conversion à l’hindouisme, volonté d’imposer un code civil uniforme remplaçant les lois personnelles (soit des sortes de codes civils régissant chaque minorité religieuse), etc. Voir sur ce point la contribution d’Aminah Mohammed-Arif à venir en juin.

[3] La capitale politique étant Gandhinagar, ville créée lors de la séparation de l’État du Gujarat de la Province de Bombay dans les années 1960. Gandhinagar est située à une trentaine de kilomètres d’Ahmedabad.

[4] Il a, entre autres, été directement mis en accusation par un officier supérieur de police en poste en 2002 (ayant démissionné depuis). N. Modi a néanmoins été blanchi par la commission d’enquête mise en place pour enquêter sur son implication. Sachant que tous les membres de cette commission étaient issus du Gujarat, ceci questionne d’autant l’indépendance supposée de ladite commission.

[5] Les autorités ont publié leur propre bilan des victimes mais celui-ci ne fait état que de 850 morts, 223 blessés et 2 500 déplacés. Devant le peu de crédibilité de ces chiffres, les analyses se réfèrent toutes aux données du rapport de l’ONGHuman Rights Watch : « We Have no Order to Save You », 2002.

[6] Sur ces caractéristiques, voir Loïc Wacquant (2007).

[7] Ce chiffre est le fruit d’estimations personnelles car il n’existe pas de données publiques, les autorités ayant administrativement éclaté la zone pour éviter qu’elle ne constitue une zone musulmane homogène.

[8] Etant entendu que la résistance n’est pas nécessairement intentionnellement perçue comme telle par les acteurs.

[9] En lien avec l’influence ancienne du nationalisme hindou au Gujarat, les musulmans de Juhapura ne « voient pas la différence entre le Congrès et le BJP », puisque le premier pratique un « soft hindutva » et que de nombreuses émeutes ont éclaté sous mandat congressiste. Ainsi, bien que les trois élus locaux de Juhapura soient effectivement membres du Congrès, les habitants se servent plus de ces relais locaux pour faire avancer un dossier personnel précis, le Congrès n’étant clairement pas considéré comme une alternative politique crédible.

[10] Grosso modo des communautés ethniques au sein de la minorité musulmane, cette dernière étant organisée en castes, à l’image des hindous (Ahmad, 1973).

[11] La charité, l’un des cinq piliers de l’islam, car chaque musulman est censé consacrer une part de son revenu aux plus pauvres.

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