Comité de Soutien à la Révolution en Inde


Asphyxiée, New Delhi cherche à faire baisser sa pollution record by CSR Inde

Engagée dans une course au développement, l’Inde a longtemps négligé la dégradation de la qualité de l’air dans la capitale.

Selon l’OMS, New Delhi, 17 millions d’habitants, est la capitale la plus poll...

Selon l’OMS, New Delhi, 17 millions d’habitants, est la capitale la plus polluée au monde.

Mais la justice et une prise de conscience dans l’opinion publique poussent désormais les responsables politiques à réagir.

Capitale la plus polluée au monde, New Delhi testera, à partir du 1er janvier, la circulation alternée.

Le désastre écologique est visuellement si frappant que les habitants de New Delhi ont inventé une poétique de la pollution. Sur les réseaux sociaux, ils postent des photos du spectacle désolant de leur ville : soleil rouge disparaissant derrière un brouillard apocalyptique, monument de l’« India Gate » transformé en silhouette fantomatique…

Les images de la capitale sont époustouflantes. « On se croirait dans un film de science-fiction », commente Ashok, un informaticien qui arpente la ville à moto avec un foulard sur le visage.

Mais dans l’immense cité, la colère et l’inquiétude sont palpables, alors que la dégradation de la qualité de l’air s’emballe. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), New Delhi est la capitale la plus polluée au monde.

BRUME GRISÂTRE

Certains jours d’hiver, ses 17 millions d’habitants sont pris au piège sous la brume grisâtre. Cette semaine, le « smog » atteint des records. Et le cocktail est toxique. L’index des particules fines PM 2,5 a oscillé jeudi entre 400 et 500, alors que le taux recommandé par l’Union l’Européenne plafonne à 25…

Ces particules, qui s’introduisent dans les poumons, causent bronchites, cancers et maladies cardiaques. Passifs durant des années, les politiques sont mis au pied du mur par la justice et par l’opinion publique.

> Relire aussi   :​ Pollution à New Delhi: colère et inquiétude dans la capitale indienne

Le 1er  janvier, New Delhi appliquera donc la circulation alternée, pour deux semaines. Plus de 8,5 millions de véhicules s’agglutinent dans les artères bondées, rejoints quotidiennement par 1 400 nouvelles voitures.

VIEUX CAMIONS DIESELS INTERDITS

Les véhicules aux immatriculations impaires rouleront les jours impairs, et inversement. Les policiers pénaliseront de 2000 roupies (28 €) les récalcitrants, et 6 000 autobus supplémentaires seront mobilisés.

Pour désengorger la ville, l’amélioration des transports en commun est un enjeu crucial ; le métro achemine 2,4 millions d’usagers par jour, mais sans bonne coordination avec les autobus. Aux mesures prises par les autorités s’ajoutent les ordres de la Cour suprême : interdiction des vieux camions diesel, refus d’octroyer des immatriculations à certaines voitures de luxe, et défense d’incinérer des ordures.

> Relire aussi  : Dépolluer le Gange, une mission impossible ?

Face à la dégradation de la qualité de l’air, New Delhi et l’Inde entière ont longtemps été dans le déni. Dans sa course au progrès, le sous-continent cumule les effets destructeurs d’un développement débridé. Relayée par l’opinion et les médias, une prise de conscience est à l’œuvre, dans le chaos de rapports contradictoires.

SEULS LES RICHES ONT LES MOYENS DE LUTTER

En juillet, les autorités ont admis ne pas pouvoir définir la cause exacte de la pollution atmosphérique, qui combine aussi poussières de chantiers, feux de bois, fumées des usines à charbon ou des générateurs à diesel.

Dans l’immédiat, seuls les riches ont les moyens de lutter. Écoles étrangères, ambassades et entreprises installent leurs capteurs de pollution. Certains habitants se dotent des coûteux masques et purificateurs d’air. D’autres décampent vers des cieux plus cléments.

> Lire aussi : En Inde, les dangers de la nouvelle politique industrielle

Et l’indignation monte. « Le gouvernement ne voit-il pas que nous sommes dans une situation d’urgence ? », lâche Nicky Dodd. Cette avocate organise des « pique-niques avec des masques » dans les parcs de New Delhi afin de sensibiliser au problème.

« Vivre avec un masque n’est pas la solution, estime sa partenaire française, Iris Strill. Nous nous sentons démunis mais concernés. Nous voulons faire des efforts : contrôles de nos véhicules, réduction des trajets, covoiturage, limitation de nos déchets, etc. »

RÈGNE DU CHACUN POUR SOI

Car dans la jungle urbaine de New Delhi, c’est généralement chacun pour soi. L’option de la bicyclette, par exemple, est un calvaire, doublé d’un harcèlement de klaxons de la part des automobilistes irrités. « Les gens vont se procurer une deuxième voiture pour avoir une immatriculation alternative », craint Nicky Dodd.

À la tête de l’exécutif de Delhi, Arvind Kejriwal le sait. Il en appelle à une mobilisation citoyenne : « Nous ne pouvons mettre en œuvre nos mesures sous la menace du bâton et de la punition », clame-t-il. Et Delhi prend peu à peu la mesure du constat : dans ces conditions, respirer devient dangereux pour la santé.

Source

Publicités

Laisser un commentaire so far
Laisser un commentaire



Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s



%d blogueurs aiment cette page :