Comité de Soutien à la Révolution en Inde


Professeur GN Saibaba: « En prison, la torture constitue une routine quotidienne » by CSR Inde

«Les gens sont battus à la moindre provocation, sont forcés à défiler complètement nus, puis torturés. Saviez-vous que c’est dans le Maharashtra que le nombre de décès en prison est le plus élevé? La seule année, où j’étais en prison, 98 prisonniers sont morts ».

 

Professeur GN Saibaba, qui est à 90% handicapé, parle de son calvaire dans une prison de Nagpur après avoir été arrêté pour avoir protesté contre la campagne anti-naxalite et anti-Adivasi menée par l’Etat Central.

Prof G N Saibaba with his wifeProf G N Saibaba avec sa femme

 

Le 9 mai 2014, lorsque le professeur GN Saibaba, qui enseigne l’anglais au Ram Lal Anand College de l’Université de Delhi, a été «enlevé» par la police du Maharashtra sur le trajet menant de sa classe à sa maison, personne ne prévoyait que l’universitaire en fauteuil roulant serait physiquement maltraité en prison.

Mais durant les 14 mois, pendant lesquels il a été emprisonné à la prison centrale de Nagpur, le professeur Saibaba, qui à 90% handicapé, s’est vu refuser ses médicaments et assistants pourtant vitaux, et ce malgré les ordonnances judiciaires répétées.

Le professeur Saibaba, critique virulent de l’opération Green Hunt, la campagne du Centre anti-maoïste et anti-Adivasi lancée en 2009 par le gouvernement de l’Alliance progressiste unie (UPA) dans la zone tribale du Chhattisgarh, du Maharashtra, du Jharkhand et d’Orissa, avait auparavant fait face à des interrogatoires et des raids de la police.

L’universitaire / militant, accusé d’être membre d’une organisation terroriste interdite (le Parti communiste de l’Inde-Maoïste), de fournir de la logistique et d’aider le groupe à récruter, qui a obtenu une libération sous caution de la Haute Cour de Bombay pendant trois mois pour suivre un traitement médical, a parlé à Jyoti Punwani de son expérience en prison, passée dans une célèbre cellule « Anda » (en forme d’oeuf), cellule réservée aux accusés de terrorisme et au supposés maoïstes.

Le 23 Décembre, la Haute Cour a annulé la libération sous caution du professeur Saibaba et lui a demandé de se rendre à la prison centrale de Nagpur avant le 25 décembre.

Compte tenu de votre opposition conséquente à l’opération Green Hunt, et à l’arrestation de dissidents politiques, vous attendiez-vous à être arrêté vous-même?

Personnellement, je ne m’y attendais pas. Mes amis pensaient que c’était possible, parce que j’étais l’un des organisateurs d’un forum contre l’opération Green Hunt. Mais, depuis ces 30 dernières années, je suis habitué à ce genre de campagne.

Il y a eu des plaintes déposées contre moi dont les accusations reposaient sur ma participation à des mouvements d’agitation auxquels j’ai participé, mais je n’ai jamais été arrêté, et les poursuites ont ensuite été abandonnées.

Vous attendiez-vous un tel traitement inhumain après votre arrestation?

Non, je ne pouvais pas imaginer que je serais traité comme ça. Auparavant, j’avais été arrêté quelques heures, pour avoir participé à des agitations. Mais on ne m’a jamais traité comme ça.

Les fonctionnaires de la prison ont aussi été brutaux, ou ce sont seulement les flics?

Les deux. On ne m’a pas battu, mais ils ont créé des conditions afin que je ne puisse pas aller aux toilettes. Donc, j’ai refusé de manger pendant les 72 premières heures. Après avoir été mis en prison, on ne m’a fourni aucune aide – vous savez que je suis complètement handicapé et que je ne peux rien faire de moi-même. Donc encore une fois pendant 72 heures, j’ai refusé de manger.

En prison, je n’ai pas été autorisé à parler à quiconque pendant les 20 premiers jours. Mais les autres prisonniers m’ont aidé de toutes les manières qu’ils ont pu.

Il y avait un certain nombre de garçons Adivasi dans la cellule « anda » où j’ai été placé. Quand, dans la soirée, pour eux, il était l’heure d’être enfermés, ils refusaient de rentrer, insistant pour qu’ils soient autorisés à m’aider. Ils ont commencé à m’aider secrètement, et quelques gardes qui avaient bon caractère l’ignoraient à moins que le geôlier ne se trouvât à proximité.

Cela a duré pendant 20 jours, en dépit de la stricte vigilance visant à s’assurer que les Adivasis arrêtés dans des affaires liées au Naxalites ne devaient pas me rencontrer. Puis, comme le nombre de garçons participant à l’agitation grandissait c’est devenu difficile pour l’administration.

Après cela, bien que je n’aie jamais officiellement bénéficié de la moindre assistance, ils ne se sont pas interposés si d’autres prisonniers m’aidaient.

Ce fut une leçon intéressante pour moi: À l’extérieur de la prison, je m’étais battu pour les droits des Adivasis; à l’intérieur, ils se battaient pour les miens.

Savaient-ils qui vous étiez, ou ont-ils fait cela par bonté?

Personne ne leur a dit qui j’étais. Ils l’ont fait de leur propre chef. Ils ont commencé à vivre avec moi. Deux d’entre eux se relayaient pour être avec moi pendant huit heures par jour.

Je commencé à leur enseigner l’anglais. J’ai commencé avec l’alphabet et après un an, ils ont commencé à lire et écrire! Ils ont appris avec discipline, jour et nuit; c’était intéressant pour eux.

Ma fille et ma femme ont apporté un grand nombre de livres, de cahiers, de stylos. Nous avons dû lutter pour les faire entrer à l’intérieur. Les autorités m’a dit que je n’avais pas besoin de ces livres de base. Mais ma femme refusait de partir tat qu’ils n’acceptaient pas les livres.

Les geôliers vous traitaient-ils avec respect?

Ils me parlaient avec respect, mais ils étaient sous la pression des différentes agences les enjoignant de ne pas exécuter les ordres de la Cour requérant mon déplacement de la cellule claustrophobique « Anda » dans des bâtiments ordinaires, de me fournir des assistants 24h/24 quand ma santé se détériorait et que je m’évanouissais ainsi que de me fournir un refroidisseur.

Vous devez avoir informé le tribunal que ses ordonnances n’étaient pas appliquées.

Invoquant des problèmes de sécurité, on ne m’a jamais présenté à la cour du tout. Ils ont utilisé la vidéoconférence pour le faire. Comme la prison n’était pas accessible en fauteuil roulant, je ne pouvais même pas atteindre la salle où la conférence vidéo a été mise en place. Ils ont dû me lever et m’amener là-bas.

À chaque étape, les dispositions de la loi sur les personnes en situation de handicap ont été violées.

Si le juge le comprenais; j’aurais aussi exigé que je sois emmené au tribunal, mais ça ne servait à rien. Un juge m’a dit: «Quelle en est l’utilité, même si je donne l’ordre, parce que la salle d’audience est au deuxième étage. Comment allez-vous venir jusqu’ici? Je lui ai dit qu’en vertu de la Loi, le tribunal doit être à un étage accessible.

Les juges ont fait avertir les autorités de la prison, mais elles s’en moquaient. Ils ont même violé l’ordre de la Haute Cour au sujet de mon traitement. Un juge a demandé à mon avocat: «Puis-je y aller et mettre en œuvre mes ordres?

Donc, durant les 14 mois que j’ai passés à l’intérieur, la seule fois où on m’a sorti était pour aller à l’hôpital.

Les médecins étaient-ils favorables?

Au départ, ils ont été forcés à publier des faux rapports. Pourtant, quelques-uns ont résisté et ont ordonné une contre-expertise. Mon IRM a été faite quatre fois. J’ai un problème cardiaque vieux de 10 ans, mais le premier rapport disait que mon coeur était parfait.

Les prévenus emprisonnés en vertu de la Loi sur la prévention des activités illégales doivent être escortés par huit gardes, dont deux d’entre eux sont armés, quand ils sortent de prison.

Pour moi, 20 gardes, 15 d’entre eux armés, dont certains étaient armés d’AK-47, venaient à l’hôpital avec moi. Ils occupaient la chambre où le médecin m’examinait, créant ainsi une atmosphère de terreur.

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