Comité de Soutien à la Révolution en Inde


La révolte en chantant by CSR Inde

RedditionDevant le commissariat de Marine Drive, au sud de Bombay, un petit attroupement d’intellectuels quinquagénaires et quelques journalistes. L’air est moite, les peaux brillent. Ils sont venus pour une opération tenue secrète jusqu’à la dernière minute.

Ce 2 avril 2013, Sheetal Sathe et Sachin Mali se livrent à la police. Après deux ans de clandestinité, le couple d’artistes met fin à sa vie de fugitifs.Main dans la main, Sheetal et Sachin s’approchent. Elle, la chanteuse au ventre arrondi. Lui, le poète avec son sac d’écolier. Le regard est anxieux, le pas rapide. La télévision locale filme.

« Nous continuerons à dénoncer l’abîme entre les principes constitutionnels et la réalité de notre pays, nous croyons au langage de la dissidence », prévient Sheetal. Quelques couplets sont entonnés, sourcils froncés et voix un brin désajustées. La police arrive. Au départ du fourgon, un poing se lève entre les grilles.Le couple est poursuivi pour complicité avec la guérilla maoïste, active dans les forêts du centre de l’Inde. Sheetal et Sachin s’étaient évanouis dans la nature après l’arrestation de deux musiciens de leur groupe. Ils ont appris la libération de leurs amis, détenus pendant deux ans, et espèrent bénéficier eux aussi de la clémence du juge.

Ils se livrent en gage de bonne foi : « Ceci n’est pas une reddition, mais une “satyagraha”. » Ce mot, tous les Indiens le connaissent. Il fait référence à la stratégie utilisée par Gandhi contre les Britanniques : la satyagraha ou « force de vérité » vise à faire plier l’adversaire sans violence.C’est dans un documentaire indien que j’avais pour la première fois entendu la voix de Sheetal. D’un timbre limpide et puissant, elle chantait la« libération des femmes » et la « fin des castes » dans les quartiers pauvres de Pune, la septième métropole du pays. Il y avait foule – même les femmes avaient interrompu leurs tâches ménagères – et son énergie crevait l’écran. Bras levé à hauteur du front, paume ouverte, visage en sueur, entourée de musiciens-danseurs-chanteurs frappant en rythme le sol et leurs tambourins, la chanteuse du Kabir Kala Manch, « la troupe des artistes de Kabir », dominait la scène : « Où donc est passée “la terre à celui qui la travaille ?”/ Les préjugés de caste n’en finissent pas/ Nous continuons à nous faire tirer dessus/ Cette torture barbare/ Comment pouvons-nous la regarder en silence ? »

Source

Le site du groupe Kabir Kala Manch

Publicités

Laisser un commentaire so far
Laisser un commentaire



Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s



%d blogueurs aiment cette page :