En Europe, les entreprises sont incitées à fermer leurs centrales à charbon. La France va cesser de financer leur construction à l’étranger, a annoncé Manuel Valls le matin même de la diffusion de ce numéro de « Complément d’enquête », le 10 septembre 2015. Mais dans les pays émergents, le charbon a le vent en poupe. L’investissement est attractif pour les banques françaises : BNP Paribas, Crédit agricole, Société générale, Crédit mutuel… Avec un pays de prédilection : l’Inde.

En 2008, BNP Paribas a investi 327 millions d’euros dans l’ouest du pays, à Mundra, dans une centrale très controversée. C’est l’un des plus grands sites thermiques au monde : 8 750 mégawatts produits par deux centrales à charbon géantes.

Des rejets polluants dans la mer

Entre les cheminées de la centrale et la mer, des milliers de pêcheurs s’installent tous les ans. Le patriarche de cette famille arrivée pour la saison raconte que ses conditions de vie se sont dégradées depuis la construction de la centrale. « Ils ont détruit une route que l’on utilisait, et recouvert une source très abondante. Maintenant, l’eau est salée et imbuvable. On pêche trois fois moins de poisson qu’avant. » 

Ces pêcheurs ont monté une association et fait appel à un expert reconnu en Inde. Soumya Dutta mesure avec un simple thermomètre la température de l’eau de mer rejetée par la centrale : « 35,2 degrés, contre 29 à 30 dans la mer. Avec cinq degrés de plus, la plupart des espèces ne peuvent pas survivre. » La mousse visible sur l’eau et le faible taux d’oxygène mesuré après analyse signalent d’autre part la présence de produits chimiques.

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