Les Etats-Unis, la Chine et… l’Inde. Le troisième marché de Pernod Ricard n’est plus la France. Dans un environnement mondial qualifié de «tendu et volatil» par son PDG, Alexandre Ricard, le groupe de spiritueux a enregistré un nouveau bond annuel de ses ventes (+18%) dans le sous-continent. Un dynamisme qui relègue le pays du Ricard au pied du podium avec une part de marché de 8,5%.

Devant la France, l’Inde (9% des ventes) est déjà sur le point de doubler la Chine (9% également), en pleine mutation économique. Dans un pays où la population en âge légal de consommer de l’alcool augmente de 22 millions de personnes chaque année, Pernod Ricard développe avec succès, depuis le rachat de Seagram en 2001, une stratégie qui marie des marques produites localement – les whiskies Royal Stag, Imperial Blue, Blender Pride et la vodka Fuel – et des labels internationaux – la vodka Absolut, le cognac Martell ou encore le scotch Chivas.

Le dynamisme indien tranche dans un environnement mondial sous tension. Sur ses deux marchés les plus rentables, les Etats-Unis et la Chine, le numéro deux mondial des spiritueux enregistre des performances stables ou en légère décroissance. Dans l’Empire du milieu, le français a réussi à accroître ses parts de marché en limitant à 2% le recul de ses ventes sur un an, sans baisser ses prix. Mais les perturbations financières et monétaires de l’été rendent la prévision difficile, dans un pays où la performance annuelle dépend aussi beaucoup d’un événement majeur: les fêtes du nouvel an.

Quant au marché américain, «nous constatons une amélioration des tendances depuis le début de l’année», affirme Alexandre Ricard. Néanmoins, les difficultés d’Absolut sur place ont contraint le groupe à déprécier la marque de 652 millions d’euros dans ses comptes. Les performances futures aux Etats-Unis (17% de l’activité totale de Pernod Ricard) passent par Cuba. L’embargo entre les deux pays sera levé tôt ou tard, et avec la marque Havanista, «nous serons le premier à vendre un authentique rhum cubain sur le territoire américain», se félicite Alexandre Ricard. L’enjeu est important puisque ce pays consomme 40% du rhum mondial.

D’ores et déjà, la normalisation des relations diplomatiques entre Washington et La Havane permet au français d’enregistrer un bond à deux chiffres des ventes de Havana Club à Cuba, grâce à l’envolée du tourisme et à la réouverture du duty free. Les perspectives y sont plus roses qu’en Europe de l’ouest, où le réveil de l’Espagne (+2%) ne suffit pas à faire décoller le chiffre d’affaires, globalement stable sur un an.

Source