Comité de Soutien à la Révolution en Inde


Areva, Safran, Carrefour and co. veulent s’emparer des marchés indiens by CSR Inde

Nous en parlions déjà dans le dernier article publié, le nucléaire indien est un marché dont l’impérialisme français veut se saisir.

C’est Jérôme Bonnafont, ambassadeur de France en Inde, qui a affirmé à la Confédération indienne de l’industrie que la signature d’un accord sur la construction de deux premiers réacteurs nucléaires de type EPR dans l’ouest de l’Inde pourrait intervenir d’ici à la fin 2010.

De son côté, Luc Oursel, directeur général adjoint chargé des opérations du nucléaire chez Areva, a formulé ses espoirs dans un entretien au quotidien économique indien Business Standard qu’un « accord initial pour la fourniture de deux réacteurs puisse être signé d’ici décembre et qu’un accord final soit en place au début de l’an prochain ».

Areva espère profiter d’un des marchés du nucléaire civil les plus alléchants au monde: l’Inde veut se doter de 60.000 mégawatts supplémentaires d’énergie nucléaire d’ici à 2030, représentant 100 milliards d’euros d’investissements potentiels.

L’Inde compte actuellement 17 réacteurs nucléaires en activité (dont deux construits par les Russes) qui fournissent 3% de l’électricité du pays. Le poids-lourd asiatique rêve de porter cette part à 25% en 2050.

Grâce à un régime dérogatoire accordé par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et le Groupe des 45 pays fournisseurs de technologies nucléaires (NSG), l’Inde a signé depuis septembre 2008 des accords politiques de coopération dans le nucléaire civil avec Paris, Washington et Moscou.

Le premier chantier de construction d’un EPR a été lancé en Finlande en 2005. Un EPR est en chantier en France (à Flamanville) et deux dans le sud de la Chine, à Taishan. La construction d’un deuxième EPR français à Penly a été annoncée en février 2009.

Un autre marché vient de s’ouvrir avec la volonté du gouvernement d’attribuer un numéro d’identité unique à chacun des habitants du pays : celui de la biométrie.

Et dans ce domaine, la multinationale française Safran (ex-Sagem Sécurité) est plutôt bien positionnée car la technologie de sa filiale de sécurité, Morpho, a été retenue pour mener à bien la tâche d’enregistrer dans une base de données plus d’un milliard de personnes.

De par l’échelle et l’innovation technologique (utilisation conjointe de deux séries de données biométriques, empreintes digitales et iris), cette opération, selon Jean-Paul Jainsky, PDG de Morpho, n’est qu’un premier pas : « Ce que nous allons faire en Inde constituera un bras de levier considérable ailleurs, le reste du monde en bénéficiera. »

Ce chantier biométrique signifie bien plus qu’un simple contrôle du marché. Le gouvernement indien affirme que le numéro unique permettra une meilleure distribution de l’aide sociale… Le sous-continent étant en prise avec une guérilla en pleine expansion, comment peut on gober ça ?

Il faut mettre l’utilisation de la biométrie en perspective avec l’utilisation de technologies de pointe dans la lutte contre-révolutionnaire : drones, satellites, marquage des populations,…

Les témoignages des unités anti-guérilla témoignent de la mise pratique par les révolutionnaires d’un principe de base de tout bon guérilléro : « Etre dans les masses comme un poisson dans l’eau ». Pour le gouvernement, il faut donc « faire le tri ». L’enregistrement de chaque individu vivant sur le territoire indien est un des moyens utilisés.

Et l’ambition de contrôle est même encore plus grande, selon les dires du PDG de Morpho (« …le reste du monde en bénéficiera [sic!]. »).

Et puis, il y a également le marché agroalimentaire. Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture est actuellement en Inde (du 6 au 8 octobre). Il y tiendra notamment une réunion consacrée à la coopération franco-indienne en matière agroalimentaire à laquelle participeront Axereal, Bongrain, Carrefour, Limagrain, LVMH et Semmaris (société de gestion du marché de gros de Rungis).

L’Inde devrait ouvrir encore un autre marché : celui des banques. Jusque là les banques étrangères en Inde ont un statut de succursale. Mais la banque centrale indienne devrait publier un document relatif à une proposition visant à doubler à 15% la participation des banques étrangères dans le réseau bancaire du pays.

Les banques étrangères entrant sur le sous-continent devront s’enregistrer en tant que filiales, qui bénéficieront alors du même traitement que les établissements locaux en termes d’expansion.

On le voit, l’Inde est une mine de marchés à prendre et la bataille pour leur contrôle devrait continuer…

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