Comité de Soutien à la Révolution en Inde


En mémoire des Camarades Kishenji et Azad, avançons pour la plus grande campagne de soutien à la guerre populaire en Inde ! by Comité de Soutien à la Révolution en Inde

En mémoire des Camarades Kishenji et Azad,
avançons pour la plus grande campagne de
soutien à la guerre populaire en Inde !

Du 14 au 21 Janvier 2012, dans différents pays du monde, les prolétaires, jeunes, femmes, intellectuels progressistes organiseront et mettront en place des actions en faveur de la guerre populaire en Inde, pour soutenir le PCI(maoïste), pour soutenir la révolution indienne dans le cadre de la lutte révolutionnaire contre l’impérialisme, tous les régimes réactionnaires.

Ce seront des actions qui s’approprient l’appel du Comité International, formé par des partis maoïstes, des organisations révolutionnaires, d’autres comités de solidarité, unis par la conviction et la position que la guerre populaire en Inde est aujourd’hui le plus grand combat que le peuple et les prolétaires mènent de l’avant dirigé par un parti maoïste. Cette lutte contribue à l’essor du mouvement anti-impérialiste, révolutionnaire et communiste.

Le soutien à la guerre populaire en Inde n’est pas un prétexte pour parler de tous les problèmes dans le monde, ni pour l’auto-propagande de petits groupes, et ce soutien doit être en lien avec les larges masses.

C’est pourquoi de nombreux partis, organisations, comités de solidarité, se sont engagés à réaliser des manifestations de masse dans la campagne du 14-21 Janvier et c’est important aujourd’hui en tant que salut rouge au camarade Kishenji.

Toutes ces actions de la campagne se dirigent vers une conférence internationale de soutien qui sera la donnée la plus importante en 2012 pour tous les sympathisants et tous les partis et organisations qui veulent que la révolution indienne avance vers la victoire.

Comité International pour Soutenir la Guerre Populaire en Inde

3 Décembre 2011



Les intellectuels, le défi maoïste et la répression en Inde by Comité de Soutien à la Révolution en Inde

Source : monde diplomatique, octobre 2011

par Nicolas Jaoul et Naïké Desquesnes.

Annoncée en octobre 2009 par le ministre de l’intérieur Palaniappan Chidambaram, l’opération « Green Hunt » (« traque verte ») entend éradiquer l’insurrection maoïste – aussi appelée naxalite – dans les zones forestières et tribales du centre de l’Inde. En plus de six mille cinq cents civils suppléants de police (special police officers) de la milice Salwa Judum (« chasseurs de paix »), active dans le Chhattisgarh, cinquante mille paramilitaires ont été déployés dans cinq Etats-clés de l’insurrection : Jharkhand, Chhattisgarh, Bihar, Orissa et Bengale-Occidental.

L’approche sécuritaire qui accompagne le discours officiel sur la croissance économique exacerbe ainsi la posture autoritaire qui a caractérisé historiquement le développement indien, souvent au détriment des populations et de la démocratie locales.

La communication gouvernementale, largement relayée dans les médias, présente «Green Hunt» comme une nécessaire étape de pacification en vue du développement. Cependant, les prises de position de certains intellectuels montrent un regain de vigilance et de suspicion à l’égard d’un modèle néolibéral qui s’accompagne de graves violations des droits humains. Or le potentiel minier de la région est tel que le gouvernement et les milieux économiques misent aujourd’hui sur ces projets d’extraction pour atteindre leur objectif de croissance à deux chiffres.

Dès l’annonce de « Green Hunt », le cri d’alarme des intellectuels laissait présager un basculement des forces progressistes en faveur des naxalites, alors même que le choix de la clandestinité et la radicalisation récente de ces derniers avaient accru leur isolement par rapport au reste de la société. Sumanta Banerjee, historien du naxalisme, nous explique : « Nous sommes arrivés à un point où les intellectuels indiens ne peuvent pas rester neutres. Même s’ils ne sont pas d’accord avec la tactique des maoïstes, ils doivent s’opposer aux politiques d’industrialisation prédatrices menées par le gouvernement, qui conduisent à confisquer des hectares de terres fertiles, à détruire des rivières et à faire fuir des milliers de villageois de leur lieu de vie. » De manière plus générale « la résistance armée des maoïstes et celle, non violente, des gandhiens se rejoignent dans une opposition claire au modèle néolibéral de développement que défend l’État indien ».

Au nom de la lutte contre le terrorisme

En l’absence des maoïstes, la forte médiatisation du conflit tend à assigner aux intellectuels de gauche invités par les médias une position de porte-parole malgré eux, alors même qu’ils ne font que soutenir la cause tribale et dénoncer des injustices. Mettant en avant leur qualité de « citoyens concernés », ils montrent qu’ils continuent à croire en un modèle équitable de développement. Leurs inquiétudes semblent trouver un écho au sein des institutions. C’est ce que confirme le jugement de la Cour suprême du 5 juillet dernier : il déclare anticonstitutionnel le recours aux special police officers, exige le désarmement immédiat des jeunes recrues de la milice et impose au gouvernement central de cesser de la subventionner. Le gouvernement de New Delhi est accusé de faire « une interprétation totalement erronée de ses responsabilités constitutionnelles ».

Ce rappel à l’ordre de la part de la plus haute autorité n’aurait pas pu intervenir sans l’initiative de citoyens qui ont déposé une plainte contre l’Etat du Chhattisgarh, en 2007, pour atteinte à l’intérêt public. A leur tête, Nandini Sundar, la jeune directrice du département de sociologie de la Delhi School of Economics et doyenne de la faculté des sciences sociales de l’université de Delhi, a donc réussi son pari citoyen. A présent saluée de toutes parts,cette bataille juridique a été menée avec un sentiment d’isolement, voire de mépris de la part d’une gauche plus radicale, enthousiasmée par la lutte armée.

La très médiatique écrivaine et militante écologiste Arundhati Roy, bien qu’elle n’approuve a priori ni le projet politique des maoïstes ni leurs méthodes, est ainsi revenue sur ses positions non violentes, dont elle nie la pertinence dans un contexte de guerre civile. Son séjour dans la forêt avec les rebelles, qu’elle a relaté dans un récit de trente-deux pages paru en mars 2010 dans Outlook, l’un des grands hebdomadaires nationaux, a suscité la controverse [« Walking with the comrades», Outlook, New Delhi, 29 mars 2010 – traduit en français par le Secours Rouge de Belgique et publié en brochure par le Comité de Soutien à la Révolution en Inde]. Contemptrice acerbe du mode de vie consumériste des couches moyennes, elle oppose à leur égoïsme de classe les idéaux politiques qui animent cette rébellion, cristallisant de ce fait sur sa personne l’animosité ambiante à l’égard des intellectuels.

Ma marche avec les camarades

Alors qu’elle se montre critique envers les naxalites dans d’autres articles – toujours dans Outlook, en octobre 2010, elle fustigeait par exemple un modèle politique autoritaire et l’absence de programme écologique clair – elle donne dans « Walking with the comrades » la parole aux villageois ayant rejoint la People’s Liberation Guerrilla Army. Cet exercice de «journalisme embarqué» présente pour la première fois la version des guérilleros et offre une vision qualitative du conflit, systématiquement ignorée par les médias indiens au profit d’une approche souvent réduite au bilan des victimes et à un assemblage de termes anxiogènes issus de la sémantique officielle (« zones infestées », « éradication », « menace maoïste », etc.).

Alors que les maoïstes ont été qualifiés en 2004 de «plus grave menace de sécurité intérieure» par le premier ministre Manmohan Singh, l’écrivaine dresse, avec un romantisme assumé et une désinvolture élégante, le portrait d’une armée de pauvres. « Gandhi, sors ton flingue !», lance-t-elle, avec son sens de la formule iconoclaste, résumant sa démarche face au mépris officiel de l’écologie et de l’humanisme.

Réfugié à New Delhi pour échapper à la loi sécuritaire d’exception adoptée en 2005 par l’Etat du Chhattisgarh, le militant gandhien Himanshu Kumar a lui aussi révisé ses convictions non violentes. Elevé dans un ashram en Inde du Nord par des parents adeptes de Mohandas Karamchand Gandhi, il s’était installé dans le district de Dantewada, bastion maoïste, afin de « tester réellement la force de la non-violence » [« If Gandhi were alive today, he'd be in a jail in Dantewada : Himanshu Kumar», entretien sur Daily News and Analysis, Bombay, 23 mai 2010].

En mai 2009, son ashram, qui sert de centre social et médical à la population locale, est détruit par des centaines de policiers et de paramilitaires du gouvernement central. Motif présumé de cette attaque : son travail d’assistance légale, qui a permis à six cents aborigènes indiens de porter plainte contre les exactions de la milice, et le fait qu’il accueille des membres d’organisations non gouvernementales (ONG) venus enquêter sur les exactions. Agressé alors qu’il avait tenu à conserver sa neutralité dans le conflit, il justifie désormais la résistance armée.

Après une phase de factionnalisme intense, l’aile dure du mouvement naxalite, né à la fin des années 1960 à la suite de la révolte tribale de Naxalbari, s’est réunifiée en 2004 sous le nom de Parti communiste indien maoïste (PCI-m), autour d’un programme de lutte armée à partir des zones tribales du centre de l’Inde. Dans le contexte de l’après-11-Septembre, les autorités ont relié la question naxalite à la problématique internationale du «terrorisme » : un moyen commode de justifier leur approche purement sécuritaire d’un problème structurel, à la fois économique, social, environnemental et politique. Poursuivant dans cette logique, certains dépositaires de l’autorité officielle cèdent parfois à la tentation dangereuse de criminaliser les intellectuels et les membres d’ONG les plus ouvertement engagés, en dénonçant leur prétendu soutien à des « terroristes ».

L’exemple le plus célèbre est celui du «médecin aux pieds nus» et militant des droits humains Binayak Sen, qui, en dépit d’une importante campagne internationale en faveur de sa libération, a passé deux ans derrière les barreaux. La Cour suprême a invalidé en avril 2011 sa condamnation à perpétuité par la haute cour du Chhattisgarh pour «sédition et complot» avec les maoïstes, condamnation fondée sur les visites médicales qu’il avait effectuées à la prison de Raipur auprès d’un prisonnier maoïste.

De la même manière, à New Delhi, en mars 2010, le président de l’université Jawaharlal-Nehru, un bastion de la gauche universitaire où se forment de nombreux militants et futurs cadres marxistes, a tenté de censurer certaines activités culturelles et politiques sur le campus, pour finalement échouer face à la mobilisation et aux violences politiques entre pro et anti-« Green Hunt ». «Les réunions publiques, projections de film et expositions ne seront autorisées que dans la mesure où elles ne compromettent pas l’intégrité, l’harmonie et la sécurité nationales », stipulait la circulaire, qui visait le Forum Against War on People.

Dans les milieux marxistes, la rébellion maoïste ravive une tension historique entre partisans de l’insurrection armée et légalistes. Depuis quelques années, le soutien des intellectuels marxistes au communisme parlementaire du Parti communiste indien marxiste (PCI-M) s’est considérablement érodé en raison de sa politique favorable à l’implantation de multinationales au Bengale-Occidental, où il a perdu les élections de mai 2011 après avoir gouverné durant plus de trois décennies. En mars 2007, à Nandigram, la répression violente contre les opposants à une zone économique spéciale, qui fait quatorze morts, suscitait un tollé dans l’opinion publique.

La radicalisation de la gauche indienne gagne également à être analysée au prisme du sentiment nationaliste. L’opposition au néolibéralisme ravive en effet un sentiment anti-impérialiste. La résistance armée des populations tribales parvient à cristalliser un vieil idéal de souveraineté populaire qui imprègne la contestation en Inde depuis les luttes anticoloniales. L’insurrection actuelle fait ainsi écho aux luttes paysannes qui ont marqué la gauche universitaire et alimenté sa critique du nationalisme indien et de son caractère bourgeois, après avoir été redécouvertes par le courant historiographique des subaltern studies.

Les défenseurs de la cause tribale ou adivasi (littéralement, les «habitants des origines » ) soulignent également une différence fondamentale avec les luttes sécessionnistes des dernières décennies, situées dans des régions à proximité des frontières, comme le Cachemire, le Pendjab ou le Nord-Est. Contrairement à ces dernières, les forêts du Dandakaranya sont au coeur du territoire national. De même, l’Etat indien s’est posé dès l’indépendance en protecteur des populations tribales dont le mode de vie est menacé par la modernisation. A bien des égards, l’aborigène incarne dans l’imaginaire nationaliste cet « autre de l’intérieur », à la fois archaïque, vulnérable et authentique, suscitant dans les classes moyennes urbaines un mélange de mépris et de mauvaise conscience.

La dénonciation des coûts humains et écologiques induits par l’industrialisation forcée de leurs territoires confère dès lors un nouveau poids moral à la critique de la loi de 2005 sur les zones économiques spéciales. Invoquant une atteinte à la souveraineté nationale, les critiques de ce nouveau modèle de développement font vibrer la corde émotionnelle. Ils assimilent le renoncement au modèle socialiste qui imprégnait la rhétorique officielle de l’indépendance à la trahison d’une promesse symbolique : celle de tourner résolument le dos à un passé d’exploitation au profit d’une puissance étrangère.

Ils pointent ainsi le lien entre exploitation capitaliste et colonialisme, jadis au centre de la critique anticoloniale du drainage des richesses. La politique gouvernementale dans les zones tribales symbolise donc à différents niveaux la déviance des officiels par rapport au projet national adopté à l’indépendance. Le type de développement autoritaire, propice à l’exploitation des ressources et de la main d’oeuvre, revient en effet à confisquer un système démocratique de gestion locale. Or cela se produit au moment où les milieux les plus démunis, mieux alphabétisés commencent à maîtriser le fonctionnement des institutions locales et à en faire bon usage pour défendre leurs droits.

Débat sur la non-violence

Le mobilisation des intellectuels, confrontés à la montée en puissance des classes moyennes, est également pour eux une manière de rompre avec le consumérisme de leur propre milieu et de dénoncer leur éloignement du modèle nehruvien : celui d’une bourgeoisie nationale éclairée, responsabilisée vis-à-vis des problèmes du peuplé et soucieuse de son progrès.

Pour comprendre la relation de ces milieux avec le maoïsme, il faut avoir à l’esprit que le communisme indien a historiquement recruté nombre de dirigeants et de cadres au sein de la bourgeoisie et des hautes castes. Des camaraderies forgées sur les bancs des universités les plus prestigieuses font que le mouvement maoïste continue apparemment à bénéficier d’une certaine bienveillance dans les sphères intellectuelles, et même dans les classes dirigeantes.

En comparaison, la mobilisation anticastes des dalit (‘intouchables’) n’a jamais bénéficié de cette complicité. La défiance mutuelle et ancienne entre les intellectuels de gauche et ces derniers explique ce déficit de légitimité, en dépit d’un profond légalisme et d’une adhésion sans faille au modèle républicain. Depuis les années 1990, l’intelligentsia de gauche se trouve en effet discréditée par le combat que les dalit ont choisi de mener pour eux-mêmes et par eux-mêmes. Ecartés de la mobilisation en raison de leur appartenance aux castes brahmaniques, les intellectuels marxistes ont même été soupçonnés d’un paternalisme malveillant et qualifiés d’ennemis de l’émancipation.

A l’inverse, le maoïsme, qui s’affiche pourtant comme résolument hors la loi et violent, bénéficie de l’aura que donne le renoncement individuel dans la lutte pour les idéaux. Si l’on adopte la grille de lecture des dalit, il est tentant de voir dans ce traitement de faveur une logique paternaliste sous-jacente, les adivasi, moins organisés et moins politisés que les dalit, ne présentant pas la même résistance à une direction exogène. Un impensé [un préjugé] élitiste affleure d’ailleurs dans les pétitions du mouvement contre « Green Hunt », où la notion de citoyenneté semble parfois réservée aux militants de la «bonne société » civile, tandis que les populations tribales sont désignées comme la « population locale ».

Comme le rappelait l’économiste marxiste Biplab Dasgupta, l’engagement naxalite des étudiants bhadralok, issus de l’élite traditionnelle bengalie de Calcutta, au début des années 1970, a constitué un puissant agent de légitimation sociale pour le maoïsme indien : « Le mouvement ne pouvait pas être rejeté comme étant contrôlé par des voyous et des marginaux, puisque l’élite y jouait un rôle moteur » [Biplab Dasgupta, The Naxalite Movement, Allied Publishers, Bombay, 1975]. Le renoncement au confort et à la réussite que représente l’engagement dans la clandestinité pour des enfants de bonne famille motivés par un idéal suffirait-il à sanctifier la rébellion aux yeux des intellectuels? Les récits maoïstes encensant les «martyrs» de la révolution valorisent en effet l’engagement par altruisme et par idéal, une forme de prestige réservée aux élites, alors que le villageois ne ferait finalement que défendre ses intérêts de classe.

La question du rapport à la violence est symptomatique de cet impensé [préjugé] élitiste de la gauche indienne. Si les défenseurs des adivasi sont divisés entre ceux qui la condamnent et ceux qui la justifient, les deux camps se renvoient l’accusation de traiter cette question sur un plan idéaliste, décalé par rapport à la situation sur le terrain. Dilip Simeon, universitaire de New Delhi et ex-maoïste converti au gandhisme, note que la justification de la violence par les naxalites relève d’un rapport platonicien aux idéaux caractéristiques du brahmanisme, qui permet de penser qu’une théorie « supérieure» (le marxisme) peut justifier le sacrifice d’êtres « inférieurs » (les populations tribales). Mais son adhésion inconditionnelle à la non-violence n’est-elle pas déjà en soi un rapport similaire aux idéaux de Gandhi, qui fait abstraction de la réalité du terrain, où la violence est une donnée quotidienne.

Après son séjour dans les bastions maoïstes, Roy arguait ainsi sur le plateau de la chaîne New Delhi Television (NDTV) : « Pour que la non-violence soit une véritable arme, il faut un public, une audience. Quand mille paramilitaires débarquent dans un village au milieu de la nuit, que faire ? Comment des villageois affamés peuvent-ils choisir la grève de la faim ? Dans un tel contexte, la violence est bien une contre-violence, qui répond à celle de l’Etat. »

L’écrivaine s’insurge également contre la bien-pensance de ceux qui, adoptant par principe une posture «neutre», renvoient dos à dos la violence étatique et celle de la rébellion : cette « théorie du sandwich », selon son expression, tend en effet à réduire les populations locales à des victimes prises entre le marteau de la répression et l’enclume maoïste, ce qui leur ôte d’emblée la possibilité d’arrêter un choix politique lorsqu’elles s’engagent.

Comme en témoignent les réactions hostiles suscitées par l’engagement de Roy, les médias sont devenus le lieu d’injonctions répétées à l’adresse des intellectuels dissidents de se conformer à un mode de pensée et de comportement « national». Dans une séquence télévisuelle d’anthologie, la journaliste de la chaîne Câble Nets Network-Indian Broadcasting Network (CNN-IBN) invite l’écrivaine à «aimer l’Inde ou la quitter»…

Les menaces d’arrestation qui ont pesé sur Roy après ses propos en faveur de l’autodétermination du Cachemire confirment l’existence d’un courant d’opinion hostile à la liberté d’expression, tant dans les institutions que dans les milieux de droite. La branche féminine du Bharatiya Janata Party (BJP, nationalistes hindous) a attaqué son domicile, tandis qu’une cour de justice locale y a trouvé un prétexte à enregistrer une plainte pour sédition [un délit inscrit dans le code pénal afin de sanctionner les « paroles, signes ou représentations qui encouragent à la haine, au mépris, à la désaffection contre le gouvernement établi par la loi indienne »].

Se rendre au Chhattisgarh est également devenu difficile pour les experts indépendants. Roy et Sundar, ainsi que M. Kumar, ont été déclarés persona non grata par la police de cet Etat. Le militant et renonçant [qui mène une vie d'ermite itinérant] hindou Swami Agnivesh, qui a pris des initiatives en faveur de pourparlers de paix, n’a pas non plus échappé à ces intimidations. Fin mars 2011, une foule composée de membres des forces de l’ordre et de miliciens l’a attaqué et blessé à la tête alors qu’il se rendait dans l’un des trois villages brûlés par les paramilitaires, où des femmes avaient été violées et trois hommes tués. Une agression de trop contre une figure respectée de l’opinion, qui n’a pas manqué d’influencer le verdict des juges de la Cour suprême.

De façon générale, c’est bien contre l’engagement en faveur des défavorisés, pourtant autrefois porté par le Mahatma Gandhi, Jawaharlal Nehru et Bhimrao Ramji Ambedkar, pères fondateurs de l’Inde indépendante, que l’Etat lui-même s’acharne. La capacité des intellectuels à interpeller une partie de l’opinion et des classes dirigeantes repose sur le sentiment que « le résultat de ce qui se passe là-bas aidera à définir le type de pays que l’Inde va devenir dans les années qui viennent», comme l’affirme Sundar dans son livre Subalterns and Sovereigns [Nandini Sundar, Subalterns and Sovereigns. An Anthropological Kistory of Bastar (1854-2006), préface à la seconde édition, Oxford University Press, New Delhi, 2008].

Cette inquiétude de la plaignante a été validée par le jugement de la Cour suprême, qui évoque, à propos de l’attitude gouvernementale, «l’obscurité qui a commencé à envelopper nos décideurs politiques, de plus en plus aveugles aux valeurs et à la sagesse constitutionnelles ». La légitimité morale de la classe dirigeante se voit donc remise en cause par la plus haute autorité officielle, qui affirme qu’elle a été gagnée par « la culture de l’égoïsme sans bornes et de la cupidité, engendrée par l’idéologie de l’économie néolibérale ».

En dépit de sa victoire, au terme d’un procès éprouvant de quatre années contre l’Etat du Chhattisgarh, Sundar reste aujourd’hui pessimiste. Alors que le remaniement ministériel du 12 juillet 2011 fournissait l’occasion de limoger le ministre de l’intérieur, M. Chidambaram, le premier ministre l’a maintenu à son poste et a en revanche muté son ministre de la justice, M. Veerappa Moily. Lequel n’avait pas su empêcher la Cour suprême d’émettre plusieurs jugements accusant le gouvernement de manquer à ses responsabilités non seulement dans cette affaire mais aussi dans les récents scandales de corruption et d’évasion fiscale.

L’actuel gouvernement espère ainsi conserver le soutien électoral des classes moyennes urbaines, récemment reconquises par le Parti du Congrès aux dépens du BJP Afin de ne pas perdre l’électorat défavorisé, le parti présente également une face plus «sociale », grâce à M- Sonia Gandhi, qui est à sa tête, et à son fils Rahul. Leurs discours souhaiteraient faire oublier que le pouvoir défend avant tout les intérêts miniers.

Certains craignent désormais que la fin de la milice, à la suite de cette décision de justice, ne débouche sur un Etat policier, voire sur l’intervention de l’armée régulière. Mais les militaires eux-mêmes jugent une telle option trop délicate sur le plan politique : comment justifier que l’armée intervienne contre sa propre population? Renforcés par le soutien des intellectuels, les maoïstes semblent conserver un avantage idéologique et moral, en se positionnant habilement comme les seuls véritables défenseurs d’une éthique nationale de responsabilité vis-à-vis du peuple.

Annexe


Polémiques autour de la Cour suprême

Au-delà de l’interdiction de la milice Salwa Judum («chasseurs de paix») et du recours aux suppléants de police issus des populations locales (spécial police officers) dont les bas salaires sont subventionnés par le gouvernement central, le jugement de la Cour suprême du 5 juillet 2011 a créé la controverse en raison d’un réquisitoire enflammé contre le modèle néolibéral de développement. Lequel est accusé d’être à l’origine de la guerre civile au Chhattisgarh, de mettre en danger le pays et les valeurs constitutionnelles, à plusieurs égards.

Sur un plan écologique, il encourage des «formes prédatrices de capitalisme» et se nourrit «du pillage et du vol des ressources naturelles». Sur un plan social et humain, il engendre «la grande misère et le désespoir» des populations et aboutit à un « régime de violations flagrantes des droits humains ». Sur un plan politique et moral enfin, il mène à la «faillite de l’Etat» vis-à-vis de ses responsabilités constitutionnelles. La rhétorique officielle, selon laquelle «un tel paradigme de développement est nécessaire et ses conséquences sont inévitables, ne peut tenir. La Constitution elle-même exige, dans des termes sans ambiguïté, que l’Etat s’efforce sans relâche de promouvoir la fraternité entre tous ses citoyens», précise le jugement.

Alors que les journaux les plus progressistes comme The Hindu ou Tehelka ont salué ce rappel à l’ordre de la légalité comme un document historique, la tendance générale dans la presse anglophone a été à la dénonciation. Si The Pioneer, aux positions souvent réactionnaires, n’hésite pas à qualifier les juges d’intellectuels déconnectés des réalités de terrain, n’ayant pas compris que les milices étaient avant tout un «mouvement de la base», la plupart des articles fustigent un abus de fonction et d’autorité morale. Le rédacteur en chef de The Indian Express n’hésite pas à tourner en ridicule la plus haute juridiction du pays en déclarant que le jugement a« la profondeur intellectuelle d’un étudiant en master de la JNU» – Jawaharlal Nehru University (JNU), à New Delhi, la plus prestigieuse université de sciences humaines, est systématiquement visée par ces appels à peine voilés à une «chasse aux sorcières », en tant que lieu historique de formation des intellectuels de gauche.

Après une période d’enthousiasme pour ce jugement aux airs de manifeste, certains progressistes ont pris quelque distance. Ainsi, dans un article paru dans Economic & Political Weekly, la chercheuse Bela Bhatia note que, en se focalisant exclusivement sur les six mille cinq cents hommes de la milice, le jugement passe sous silence les principaux acteurs du conflit : les forces régulières de la police et les quarante mille paramilitaires officiellement chargés de l’opération « Green Hunt » («traque verte») dans le Chhattisgarh et qui sont susceptibles de commettre des exactions. Or que peut le judiciaire contre ces forces légales? Ainsi, même si l’interdiction du recours aux milices et aux special police officers dans de telles opérations de maintien de l’ordre représente un acquis pour l’avenir, il ne s’agit que d’une «condamnation de certains aspects du modus operandi de la guerre – pas de la guerre elle-même». Selon elle, la Cour suprême semble ainsi dire aux acteurs de la répression: «Vous pouvez garder les AK-47, mais vous allez devoir vous passer des armes artisanales. »



Compilation des messages de soutien au Camarade Kishenji by Comité de Soutien à la Révolution en Inde

Le Comité International de Soutien à la Guerre Populaire en Inde publie le recueil des déclarations de soutien après la mort du Camarade Kishenji. Vous pouvez le consulter et télécharger ici Honneur au Camarade Kishenji !.

D’autre part, nous mettons en avant la déclaration commune signée par plusieurs partis et organisations :

Le mouvement va se poursuivre, la révolution va continuer

Déclaration commune signée par : l’Association pour la Solidarité prolétarienne -Italie (ASP) ; Parti communiste maoïste de France (PCmF) ; Parti communiste maoïste de Manipur (MCP) ; Parti Communiste maoïste – Italie (PCm-Italie) ; le Parti des comités pour soutenir la résistance – pour le Communisme (CARC) ; Parti Communiste Révolutionnaire – Canada (PCR-Canada) ; Syndicats des travailleurs en lutte – Italie (SLL) ; Parti socialiste – Malaisie ; Parti Communiste des Philippines

Nous, Partis Communistes de cette planète, condamnons fermement le meurtre brutal du Camarade Koteshwar Rao alias Kishenji dans la région de Jangalmahal du Bengale occidental, en Inde. Cet assassinat nous blesse dans notre esprit, dans notre chair. Le Parti Communiste d’Inde (maoïste) joue un rôle important dans la révolution prolétarienne mondiale et c’est pourquoi tous les communistes authentiques n’oublient jamais l’Inde, et que l’assassinat du Camarade Koteshwar Rao Kishenji apparaît comme une douleur terrible, non seulement pour la révolution indienne, mais aussi pour la révolution prolétarienne mondiale.

Nous, les communistes, croyons que la disparition du camarade Kishenji amènera une nouvelle approche pour unir tous les opprimés de cet univers. Dans un article célèbre « Servir le peuple », le camarade Mao a indiqué : « "Certes, les hommes sont mortels ; mais certaines morts ont plus de poids que le mont Taichan, d’autres en ont moins qu’une plume." Mourir pour les intérêts du peuple a plus de poids que le mont Taichan, mais se dépenser au service des fascistes et mourir pour les exploiteurs et les oppresseurs a moins de poids qu’une plume. » Oui, le Camarade Kishenji est mort pour le peuple, et sa mort est en effet plus lourde que le mont Everest. Du fond de nos cœurs, nous exprimons notre salut rouge pour le héros du prolétariat indien Camarade Kishenji. Les réactionnaires indiens ont tué le Camarade Kishenji mais pas son idéologie. Ils ne peuvent pas tuer le marxisme-léninisme-maoïsme. Le mouvement va se poursuivre, la révolution va continuer.

La Guerre Populaire en Inde est confrontée à une énorme contre-insurrection poussée par la contre-révolution indienne et soutenue par les pays impérialistes. Manipur et ses états frères voisins ont été brutalisés par l’imposition de la Loi sur les Pouvoirs Spéciaux des Forces Armées de 1958 [Armed Forces Special Powers Act, 1958] où un agent non-habilité a le droit de tuer quelqu’un en vertu de ses soupçons et où aucun organisme d’Etat n’a le droit d’instituer une commission sans l’autorisation du ministre de l’Intérieur indien. La loi n’est imposée que dans les états du Nord-Est que les indiens ont annexés de force dans leur union ainsi que dans l’état bien connu de Jammu et Cachemire. Maintenant, l’Inde a commencé la guerre contre son propre peuple au nom de l’opération Green Hunt dans les zones touchées par les maoïstes. Le degré de brutalité dans les états du Nord-Est est bien plus importante en comparaison des autres états du sous-continent indien. L’armée indienne opprime racialement les Mongols des états du Nord-Est ainsi que le peuple de l’état du Cachemire pour être islamistes.
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Dédions la semaine internationale de mobilisation au Camarade Kishenji ! by Comité de Soutien à la Révolution en Inde

 

Nouvelle décision extraordinaire ! Dédions la nouvelle semaine internationale d’action du 14 au 22 janvier au camarade Kishenji !

Le Comité International de Soutien à la Guerre Populaire en Inde condamne le meurtre criminel et planifié de Kishenjo, alias Mallojula Koteswara Rao, Membre du Bureau Politique du PCI (maoïste), dans la zone forestière de Burishol, district de Paschim Midnapore, Jangalmahal, Bengale Occidental, le 24 novembre 2011. Selon la déclaration du PCI (maoïste) aux médias, Kishenji a été arrêté, torturé et brutalement assassiné. Ce meurtre ressemble fort à celui d’Azad en juillet 2010.

 

Mobilisons maintenant pour dénoncer ce crime !

Mobilisons le soutien international à la guerre populaire !

Rassemblez vos forces pour la semaine internationale d’action du 14 au 22 janvier dans tous les coins du monde !

 

Comité International de Soutien à la Guerre Populaire en Inde



Communiqué du PCI (maoïste) sur l’assassinat du Camarade Kishenji by Comité de Soutien à la Révolution en Inde
1 décembre 2011, 3:00
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Condamnons l’assassinat brutal du camarade Mallojula Rao Koteswara, le dirigeant aimé des masses opprimées, le dirigeant de la révolution et membre du Politburo du PCI (maoïste) ! Observons une semaine de protestation du 29 Novembre au 5 décembre et une ‘Bharat Bandh’ de 48 heures les 4-5 décembre !

Le 24 novembre 2011 restera une journée noire dans les annales de l’histoire du mouvement révolutionnaire indien. La clique dirigeante fasciste Sonia-Manmohan-Pranab-Chidambaram-Jairam Ramesh qui vocifère que le PCI (maoïste) est « la plus grande menace pour la sécurité intérieure », en collusion avec la ministre en chef du Bengale occidental Mamata Banerjee, ont tué le camarade Mallojula Koteswara Rao, après l’avoir capturé vivant dans un complot bien planifié. Cette clique, qui avait tué le camarade Azad, porte-parole de notre parti le 1er juillet 2010, a une fois encore étendu sa toile et étanché sa soif de sang. Mamata Banerjee, qui avait versé des larmes de crocodile sur l’assassinat du Camarade Azad avant de venir au pouvoir, a, tout en en mettant en scène les pourparlers après son entrée en fonction d’une part, tué un autre des plus hauts dirigeant le Camarade Koteswara Rao et a ainsi affiché crûment ses facettes anti-peuple et fasciste. Les agences de renseignement central et les agences de renseignement assassines du Bengale occidental et de l’Andhra Pradesh l’ont pourchassé dans une conspiration bien planifiée et l’ont lâchement tué dans une opération conjointe ; ils répandent maintenant une histoire inventée d’affrontement. Le secrétaire central de l’Intérieur RK Singh, en mentant qu’ils ne savaient pas avec certitude qui était mort dans l’affrontement, a dans le même temps annoncé que c’était un coup dur pour le mouvement maoïste. Il a ainsi dévoilé la conspiration derrière ce meurtre. Le peuple opprimé enverra certainement au cimetière les classes dirigeantes exploiteuses et leurs maîtres impérialistes qui rêvent en pensant pouvoir éliminer le parti maoïste en tuant les hauts dirigeants du mouvement révolutionnaire.

Le Camarade Koteswara Rao, qui est très populaire sous le nom de Prahlad, Ramji, Kishenji et Bimal à l’intérieur du parti et parmi le peuple, est l’un des dirigeants importants du mouvement révolutionnaire indien. Le guerrier infatigable qui n’a jamais reposé son dans la lutte pour la libération des masses opprimées durant 37 ans et qui a donné sa vie pour le bien de l’idéologie en laquelle il croyait, était né en 1954 à Peddapally ville du district de Karimnagar dans le Nord Telangana, Andhra Pradesh. Elevé par son défunt père Venkataiah qui était un combattant de la liberté et par sa mère Madhuramma, qui des opinions progressistes, Koteswara Rao s’est imprégné de l’amour pour son pays et ses masses opprimées depuis l’enfance. En 1969, il avait participé au mouvement historique du Telangana alors qu’il était étudiant au lycée dans la ville de Peddapally. Il a rejoint le mouvement révolutionnaire avec l’inspiration des glorieux mouvements de Naxalbari et de Srikakulam tout en obtenant son diplôme de collège SRR de Karimnagar. Il a commencé à travailler comme un membre actif du Parti en 1974. Il a passé quelque temps en prison durant la période noire de l’état d’urgence. Après la levée de l’état d’urgence, il a commencé à travailler comme organisateur du parti dans son district natal de Karimnagar. Il a répondu à l’appel de la campagne du parti « Aller dans les Villages » et a développé des relations avec la paysannerie en allant dans les villages. Il était un de ceux qui ont joué un rôle prépondérant dans l’essor du mouvement paysan populaire comme « Jagityal Jaitrayatra » (la Marche de la Victoire de Jagityal) en 1978. Ce faisant, il a été élu membre du comité du district du comité conjoint Adilabad-Karimnagar du PCI (ML). En 1979, lorsque ce comité a été divisé en deux comités de district, il devient le secrétaire du comité du district de Karimnagar. Il a participé à la 12ème conférence du parti de l’Etat d’Andhra Pradesh, a été élu au Comité d’État d’Andhra Pradesh (AP) et a pris les responsabilités de secrétaire.

Jusqu’en 1985, dans le cadre de la direction du comité d’Etat de l’AP, il a joué un rôle crucial dans la propagation du mouvement dans tout l’État et dans le développement du mouvement du Nord Telangana qui avançait avec la perspective de zone de guérilla. Il a joué un rôle de premier plan dans l’expansion du mouvement au Dandakaranya (DK) et à son développement. Il a été transféré à Dandakaranya en 1986 et a pris des responsabilités en tant que membre du Comité de Forêt. Il a dirigé des escadrons de guérilla et le peuple dans les zones de Gadchiroli et Bastar du DK. En 1993, il a été coopté comme membre dans le Comité central d’organisation (COC).

A partir de 1994, il a principalement travaillé à répandre et à développer le mouvement révolutionnaire dans les parties Est et Nord de l’Inde, y compris au Bengale occidental. Particulièrement, son rôle dans l’unification des forces révolutionnaires dispersées après l’échec du mouvement de Naxalbari au Bengale occidental et dans la relance du mouvement révolutionnaire fut extraordinaire. Il se mêlait profondément avec les masses opprimées du Bengale et les différentes sections du camp révolutionnaire, a appris la langue bengali avec détermination et a laissé une marque indélébile dans le cœur des gens là-bas. Il a travaillé sans relâche dans la réalisation de l’unité avec plusieurs groupes révolutionnaires et dans le renforcement du parti. Le Camarade Koteswara Rao a été élu en tant que membre du Comité Central (CC) lors de la Conférence spéciale nationale du PCI (ML) (Guerre Populaire) d’alors, tenue en 1995. Il s’est efforcé de réaliser l’unité entre les groupes Guerre Populaire et Unité du Parti en 1998. Lors du Congrès du Parti du PCI (ML) (Guerre Populaire) d’alors tenu en 2001, il a de nouveau été élu au CC et au Politburo. Il a pris les responsabilités de secrétaire du Bureau régional du Nord (NRB) et a dirigé les mouvements révolutionnaires dans les états du Bihar, de Jharkhand, du Bengale occidental, de Delhi, Haryana et du Pendjab. Simultanément, il a joué un rôle clé dans les pourparlers d’unité entre le groupe Guerre Populaire et le MCCI d’alors. Il a servi comme membre du CC et du Politburo unifiés formés après la fusion des deux partis en 2004 et a travaillé comme membre du Bureau régional de l’Est (ERB). Il s’est surtout concentré sur le mouvement d’état du Bengale occidental et a continué en tant que porte-parole de l’ERB.

Le Camarade Koteswara Rao a joué un rôle prépondérant dans la gestion des magazines du parti et dans le domaine de l’éducation politique au sein du parti. Il a pris part à la gestion de ‘Kranti’, ‘Errajenda’, ‘Jung’, ‘Prabhat’, ‘Vanguard’ et d’autres magazines du parti. Il avait un rôle spécial à jouer dans la publication des divers magazines révolutionnaire dans le Bengale occidental. Il a écrit de nombreux articles théoriques et politiques dans ces magazines. Il a été membre de la Sous-commission sur l’éducation politique (SCOPE) et a joué un rôle prépondérant dans l’enseignement du marxisme-léninisme-maoïsme dans les rangs du parti. Dans toute l’histoire du parti, il a joué un rôle mémorable dans l’élargissement du mouvement révolutionnaire, dans l’enrichissement des documents du parti et dans le développement du mouvement. Il a participé au Congrès de l’Unité – 9 e Congrès du parti tenu en janvier 2007, a été élu membre du CC une fois de plus et a pris les responsabilités de membre du Politburo et membre de l’ERB.

L’orientation politique donnée par le camarade Koteswara Rao aux mouvements populaires de Singur et Nandigram qui éclatèrent en 2007 contre les politiques anti-peuple et pro-entreprises du gouvernement social-fasciste du PCM au Bengale occidental, et en particulier au glorieux soulèvement de la rébellion populaire à Lalgarh contre les atrocités de la police, est proéminent. Il a guidé le comité de l’état du Bengale occidental et les rangs du parti pour diriger ces mouvements et d’autre part a mené la propagande du parti à travers les médias avec initiative. En 2009, quand la clique Chidambaram a essayé de tromper les classes moyennes au nom de pourparlers et de cessez-le-feu, il a travaillé de manière significative pour les démasquer. Il fait un travail énorme en gardant bien haut l’importance de la Guerre Populaire et en amenant la politique révolutionnaire au sein des vastes masses. Ce grand voyage révolutionnaire qui a duré près de quatre décennies est venu à une fin abrupte le 24 Novembre 2011.

Peuple bien-aimé! Démocrates!

Condamnons cet assassinat brutal. C’est la conspiration des classes dirigeantes pour effacer la direction révolutionnaire et priver le peuple de l’orientation correcte et la direction prolétarienne. Il est un fait connu que le mouvement maoïste est le plus grand obstacle aux voleurs et grands compradores qui entassent des millions dans des banques suisses en vendant les arachides, le Jal, Jungle et Zameen du pays pour les requins impérialistes. L’offensive brutale aux multiples facettes menée à l’échelle du pays et baptisée Opération Green Hunt des deux dernières années sert exactement cet objectif. Cet assassinat de sang-froid fait partie de cela. Il est du devoir des patriotes et des personnes éprises de liberté de ce pays de protéger le mouvement révolutionnaire et ses dirigeants comme la pupille de leurs yeux. Ce n’est rien d’autre que la protection de l’avenir du pays et celle des générations à venir.

Même à l’âge de 57 ans, le Camarade Koteswara Rao a mené la vie dure d’un guérillero comme un jeune homme et remplissait les cadres et le peuple d’un grand enthousiasme partout où il allait. Sa vie servira particulièrement de grande inspiration pour la jeune génération. Il étudiait et travaillait pendant des heures sans repos et parcourait de grandes distances. Il dormait très peu, menait une vie simple et fut un travailleur acharné. Il se mêlait facilement avec les gens de tous âges et avec des gens de différentes sections sociales et les remplissait d’enthousiasme révolutionnaire. Aucun doute, le martyre du camarade Koteswara Rao est une grande perte pour le mouvement révolutionnaire indien. Mais le peuple de notre pays est très grand. C’est le peuple et les mouvements populaires qui ont donné naissance aux révolutionnaires courageux et dévoués comme Koteswara Rao. Les ouvriers et les paysans et les révolutionnaires qui ont imprégné l’esprit révolutionnaire de Koteswara Rao dès Jagityal jusqu’à Jungle Mahal et qui se sont armés du parfum révolutionnaire qu’il a répandu dans tout le pays mèneront avec certitude la révolution indienne de nouvelle démocratie sur le chemin de la victoire. Ils anéantiront les impérialistes et leurs laquais propriétaires terriens et de la bourgeoisie compradore bureaucratique ainsi que leurs représentants comme Sonia, Manmohan, Chidambaram et Mamata Banerjee.

Notre CC appelle le peuple du pays à observer une semaine de protestation du 29 novembre au 5 décembre  et à observer une « Bharat Bandh » de 48 heures les 4 et 5 décembre pour protester contre l’assassinat brutal du camarade Koteswara Rao. Nous appelons à divers programmes, comme la tenue de réunions, de rassemblements, de dharnas, de porter des badges noirs, de barrages routiers, etc. pour protester contre cet assassinat. Nous demandons que les trains, les routes, les établissements commerciaux et éducatifs soient fermés et que toutes sortes de transactions commerciales soient arrêtées dans le cadre de la « Bharat Bandh » des 4 et 5 décembre. Cependant, nous exemptons les services médicaux de la Bandh.

(Abhay)
Porte-parole,
Comité Central,
PCI (maoïste)




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